April 9, 2010 / 12:15 PM / 9 years ago

AVANT-PAPIER Vers un raz-de-marée de droite en Hongrie ?

* Le Fidesz d’opposition donné largement en tête

* Le Jobbik d’extrême droite pourrait entrer au parlement

par Krisztina Than et Marton Dunai

BUDAPEST, 9 avril (Reuters) - Les sondages prédisent un raz-de-marée du parti d’opposition de centre droit Fidesz aux élections législatives des 11 et 25 avril en Hongrie, ainsi que l’entrée en force au parlement de la formation d’extrême droite Jobbik.

Ce scrutin législatif, dans un pays confronté à la récession économique, sera le sixième depuis la chute du communisme en 1989.

Il devrait bouleverser le paysage politique et renvoyer dans l’opposition les socialistes du MSZP au pouvoir depuis huit ans mais qui étaient minoritaires depuis la défection de leurs alliés libéraux en 2008.

Le Fidesz, dirigé par Viktor Orban, 46 ans, a déjà dirigé le pays entre 1998 et 2002. Il obtiendra selon les enquêtes la majorité absolue à l’assemblée, et peut-être même les deux tiers des sièges qui lui permettraient de lancer d’ambitieuses réformes structurelles.

“Ce qui est en jeu, après vingt ans (d’ère post-soviétique), c’est de pouvoir prouver à la population hongroise que la démocratie (...) peut aussi être quelque chose d’économiquement profitable”, déclare le politologue Zoltan Kiszelly.

Trois récents sondages donnaient le Fidesz en tête avec environ 40% des voix, les socialistes autour de 13%, le Jobbik entre 8 et 11%, les indécis ou abstentionnistes à environ 30%. Parmi les électeurs sûrs d’aller voter, le Fidesz recueille 60% des suffrages.

Le système électoral mixte à deux tours, très complexe, rend difficile toute prédiction d’allocation des sièges à partir des sondages. Selon le Republikon Institute, le Fidesz devrait remporter 267 des 386 sièges au parlement, les socialistes 62, le Jobbik 47 et le LMP, un mouvement écolo-libéral qui milite pour “une politique différente”, dix sièges.

L’institut de sondage Median crédite même le Fidesz de 275 élus.

Une majorité des deux tiers en sièges - au moins 258 élus - permettrait au Fidesz de faire adopter pendant les quatre ans du mandat parlementaire des lois structurelles visant notamment à réduire les effectifs de l’administration, voire à remanier la constitution adoptée après la chute du communisme.

UNE MAJORITÉ DES DEUX TIERS ?

Il faudra attendre l’issue du second tour le 25 avril pour savoir si le centre droit dispose de cette majorité des deux tiers. Tout dépendra du score des ultra-nationalistes du Jobbik, qui ont envoyé trois élus au parlement européen l’an dernier, ainsi que de celui du LMP.

Le Jobbik, qui selon certains pourrait dépasser les socialistes et devenir la deuxième force politique du pays, a axé sa campagne sur la lutte contre le chômage et la corruption.

Le parti populiste a mené une offensive contre la minorité tsigane, surtout présente dans le nord-est du pays, accusée d’être en grande partie responsable de la criminalité.

Le Fidesz, quand il était aux affaires, a pu profiter d’une économie florissante et de l’investissement étranger. La situation économique est radicalement différente aujourd’hui.

L’économie hongroise s’est contractée de 6,3% l’an dernier et tout laisse à penser qu’elle stagnera cette année.

La hausse des dépenses publiques, pendant des années, n’a pas permis aux socialistes au pouvoir de baisser les impôts. Un accord passé en 2008 avec le Fonds monétaire international (FMI) a sauvé le pays de la banqueroute, avec en contrepartie l’engagement de réduire le déficit budgétaire 2009 à 4% du PIB.

La crise économique a pesé lourdement sur le pays, qui avait beaucoup emprunté pendant les années de boom économique, surtout en francs suisses, et négligé l’épargne.

Le nouveau gouvernement devra relever le défi et mettre en place un programme à moyen terme pour relancer l’économie et réduire la dette publique, qui représente aujourd’hui 80% du PIB. Avec à terme l’adoption de l’euro.

Pour les économistes, si la Hongrie veut assurer la reprise et maintenir à long terme une croissance économique retrouvée, elle doit en priorité réformer son système de santé obsolète, ainsi que son système éducatif, poursuivre la réduction des dépenses publiques et baisser les impôts.

Le Fidesz a promis de créer un million d’emplois en dix ans, de favoriser le crédit et d’aider les petites entreprises, tout en réduisant la fiscalité. Les Hongrois attendent de lui une amélioration de leurs conditions de vie et de leur pouvoir d’achat, mis à mal ces dernières années. (Guy Kerivel pour le service français)

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