February 1, 2010 / 1:50 PM / 10 years ago

France - Les gérants restent à l'écart des valeurs bancaires

par Sudip Kar-Gupta

PARIS, 1er février (Reuters) - Les incertitudes sur les dépréciations et les futures règles de fonds propres de Bâle incitent les gérants de fonds à rester à l’écart des valeurs bancaires françaises.

Les banques françaises publieront leurs résultats annuels à partir du 17 février.

“Il n’y a pas suffisamment de visibilité sur le secteur”, explique Gregory Moore, gérant de portefeuille chez Montségur Finance, une société de gestion qui gère quelque 150 millions d’euros.

L’avertissement sur résultat lancé mi-janvier par la Société générale (SOGN.PA), la deuxième banque française par la capitalisation boursière, a douché le mois dernier les marchés et poussé de nombreux gérants de fonds à se délester des valeurs bancaires françaises détenues en portefeuille. (Plus de détails [IDnLDE60C02G])

Les investisseurs s’interrogent aussi sur les dépréciations que le Crédit agricole (CAGR.PA) pourrait être contraint de passer en raison de son exposition à la Grèce où la banque française est présente avec sa filiale Emporiki CBGr.AT.

“Le secteur financier français n’est pas le secteur où il faut être actuellement”, estime Yves Maillot, directeur des investissements de Robeco Gestion.

Yves Maillot, qui a sous-pondéré les valeurs bancaires françaises, explique qu’il préfère les valeurs télécoms et les pharmaceutique comme France Télécom FTE.PA ou Sanofi-Aventis (SASY.PA).

La société de gestion indépendante Agilis Gestion dont les encours gérés sont d’environ 100 millions d’euros, indique qu’elle a récemment vendu toutes ses actions des banques françaises.

“Nous avons vendu le Crédit agricole et nous sommes sortis de Natixis la semaine dernièr”, fait remarquer Arnaud Scarpaci, gérant chez Agilis Gestion.

BNP, VALEUR PRÉFÉRÉE

En plus de son exposition à la Grèce, les analystes s’interrogent aussi sur les conséquences possibles pour le Crédit agricole des futures normes du comité de Bâle sur les fonds propres des banques.

Selon eux, les établissements bancaires à caractère mutualiste comme le Crédit agricole, BPCE ou le Crédit mutuel seront les plus pénalisés par la nouvelle réglementation.

Dans cette ambiance de désamour envers les valeurs bancaires françaises, BNP Paribas (BNPP.PA), la première banque française par la capitalisation boursière, fait figure d’exception. Le titre apparaît comme une valeur incontournable pour les gérants.

Ces deux dernières années, l’action BNP Paribas a régulièrement surperformé ses concurents français. En 2009, elle a grimpé de 90% contre une hausse de 44% pour la Socgen et de 55% pour la “banque verte”.

Depuis le début de l’année, le titre BNP abandonne près de 6,5%, un recul globalement conforme à celui de l’indice sectoriel DJ Stoxx .SX7P des banques européennes (-6%).

“Nous sous-pondérons les banques françaises mais la seule qui mérite d’être dans notre portefeuille est BNP Paribas”, indique Yohan Salleron, gérant chez Mandarine Gestion.

“Ils ne sont pas autant exposés à la banque d’investissement que la Société générale et ils n’ont pas autant de préoccupations sur Bâle que le Crédit agricole.”

Avec la contribution de Matthieu Protard, édité par Dominique Rodriguez

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