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Sociétés

Faut-il se soucier du confinement à Noël pour l'économie? Peut-être pas!

LONDRES, 19 novembre (Reuters) - Faut-il absolument sauver Noël alors que la résurgence de l’épidémie de coronavirus touche une grande partie de l’Europe? Peut-être pas, à moins d’appartenir au secteur de la vente au détail.

Un nouveau confinement a été décidé dans plusieurs pays européens entre novembre et décembre dans l’espoir de freiner suffisamment l’épidémie pour assouplir les mesures de restriction au moment de la période traditionnellement cruciale des fêtes de fin d’année.

Mais les économistes estiment qu’une réouverture des enseignes n’est pas déterminante pour l’économie. Une réouverture prématurée pourrait même déclencher une troisième vague épidémique avec des conséquences néfastes à la fois en matière de santé publique, de croissance économique et d’emploi, préviennent-ils.

Certes, les ventes de Noël sont capitales pour le secteur de la distribution. D’après une enquête du cabinet Deloitte, les cinq pays en Europe où la population dépense le plus à Noël sont la Grande-Bretagne (avec 639 euros par habitant), l’Espagne (554), l’Italie (549), l’Allemagne (488) et le Portugal (387).

Pendant la période des fêtes, les consommateurs de ces pays augmentent leurs dépenses. Au Royaume-Uni, les ventes de décembre représentent généralement 12% du total de l’année.

Même si les dépenses ont tendance ensuite à reculer en janvier après les fêtes de fin d’année, les économistes estiment que l’effet net est invariablement positif.

Ils ajoutent toutefois que l’adoption en Europe fin novembre du Black Friday, un événement commercial venu des Etats-Unis qui marque le coup d’envoi de la période des achats des fêtes de fin d’année, a rendu la période de Noël moins critique. L’essor du commerce en ligne rend également moins indispensable la réouverture de certains magasins physiques.

La fédération allemande de ventes au détail HDE anticipe ainsi une hausse de 1,2% des ventes cette année en novembre et décembre par rapport à la même période en 2019, grâce au commerce en ligne, l’alimentation, le mobilier et la quincaillerie. Elle reconnaît cependant que les vendeurs de vêtements, de parfums et de jouets seront impactés durant la période.

Les économistes notent aussi que les dépenses qui ne sont pas effectuées à Noël ne sont pas pour autant perdues.

“Les habitudes de consommation changent: ne pas dépenser en boissons pour les fêtes de Noël se traduit par l’achat de nouveaux meubles, etc”, note Paul Donovan, économiste en chef chez UBS Global Wealth Management, dans son podcast hebdomadaire.

BAISSE DE LA PRODUCTIVITÉ À NOËL

Les économistes observent aussi que la productivité des salariés a tendance à baisser pendant la période des fêtes de Noël, ceux-ci ayant plutôt la tête à l’achat des cadeaux et à la préparation des festivités. Dans une enquête de 2016, le groupe de restauration collective Sodexo indique que 25% des salariés se sont déclarés moins motivés et moins productifs à l’approche de Noël.

Si la baisse de la productivité peut être aussi liée en partie au stress des objectifs de fin d’année, des organisations spécialisées dans l’emploi comme la Reward & Employee Benefits Association (REBA) au Royaume-Uni reconnaissent l’existence d’un effet perturbateur lié à Noël et proposent des conseils pour le combattre.

S’il est impossible de déterminer l’impact global de Noël sur le produit intérieur brut (PIB), des données donnent au moins à penser que son importance est surestimée sur de nombreux trimestres.

Au Royaume-Uni, la production a reculé l’an dernier de 0,3% en novembre, augmenté de 0,3% en décembre et est ressortie nulle en janvier de cette année, ce qui signifie que l’économie a stagné.

Les données sur les nouveaux cas de contamination au coronavirus dans les prochains jours devraient permettre de savoir si l’Europe peut lever les mesures de confinement en toute sécurité pour Noël.

Mais du point de vue de l’économie, ce ne sera peut-être pas la fin du monde si cela n’a pas lieu.

Avec Victoria Waldersee à Lisbonne; version française Claude Chendjou, édité par Blandine Hénault

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