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Économie

Trump vise des investissements dans des entreprises chinoises, Pékin proteste

WASHINGTON (Reuters) - L’administration de Donald Trump a publié jeudi un décret présidentiel interdisant les investissements américains dans les entreprises considérées par Washington comme détenues ou contrôlées par l’armée chinoise, ce qui a amené Pékin à dénoncer des “calomnies sournoises”.

La Chine a sommé les Etats-Unis de cesser d'interdire arbitrairement les investissements dans ses entreprises, a fait savoir vendredi le ministère des Affaires étrangères, au lendemain de l'annonce d'une décision de Donald Trump en ce sens. /Photo d'archives/REUTERS/Jason Lee

Ce décret présidentiel, dont Reuters a le premier fait état avant sa publication, est susceptible d’avoir un impact considérable sur de grandes entreprises chinoises comme les groupes télécoms China Telecom Corp et China Mobile ou le fabricant d’équipements de surveillance Hikvision.

Ce texte, dont l’entrée en vigueur doit intervenir le 11 janvier, neuf jours avant l’investiture prévue de Joe Biden, interdit aux fonds d’investissements, aux fonds de pension ainsi qu’à tous les autres investisseurs d’acheter et de vendre des actions de 31 sociétés identifiées comme étant liées à l’Armée populaire de libération (APL).

Dans ce décret, Donald Trump, déclare être parvenu à la conclusion que la Chine “exploite de plus en plus des capitaux des Etats-Unis pour financer et permettre le développement et la modernisation de son armée, de ses services de renseignement et de ses autres appareils sécuritaires”. L’actuel locataire de la Maison blanche, qui refuse de reconnaître sa défaite face à Joe Biden à l’élection présidentielle américaine, estime que Pékin continue avec cette initiative “de menacer directement le territoire des Etats-Unis et les forces des Etats-Unis déployées à l’étranger”.

IMPACT BOURSIER

En réaction, la Chine a sommé vendredi les Etats-Unis de cesser d’interdire arbitrairement les investissements dans ses entreprises.

Le gouvernement chinois défendra les intérêts des entreprises nationales, a promis un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, parlant de “calomnies sournoises”.

Dans un avis boursier, China Telecom indique que ce décret pourrait avoir un impact sur son cours de Bourse, qui a fini vendredi en repli de 7,8% à Hong Kong. Le groupe ajoute “surveiller de près” l’évolution du dossier.

L’opérateur télécoms China Unicom Hong Kong a dit, pour sa part que sa maison mère, China United Network Communications Group, était visée par ce décret. Le groupe s’attend également à un impact sur son cours de Bourse, dont le titre a reculé de 6,7% en clôture. China Unicom ajoute “étudier les mesures appropriées pour protéger ses droits légitimes et ceux de ses investisseurs”.

Pour Peter Navarro, conseiller au Commerce de Donald Trump, les entreprises chinoises et leurs filiales représentent au moins un demi-milliard de dollars de capitalisation boursière.

Le décret présidentiel est la première initiative d’envergure de Donald Trump depuis l’élection présidentielle du 3 novembre. Elle donne à penser que le président veut tirer profit des derniers mois de son administration pour continuer à s’en prendre à la Chine.

Washington et Pékin, déjà en guerre commerciale, sont en désaccords sur nombre d’autres sujets, allant de la pandémie de coronavirus à la situation politique à Hong Kong.

Le président élu, Joe Biden, n’a pas dévoilé dans le détail sa stratégie politique vis-à-vis de la Chine mais tout porte à croire que les relations entre les deux pays resteront difficiles.

En attendant, le décret de l’administration Trump a eu un effet jeudi soir à Wall Street.

“Le marché craint probablement que Trump n’accroisse les tensions avec la Chine et l’Iran au cours de ses deux derniers mois comme président”, commente Chris Zaccarelli, directeur des investissements chez Independent Advisor Alliance.

Pour les investisseurs, des interrogations sur la portée de ce décret demeurent car il ne précise pas des sanctions en particulier en cas de violation. On ignore aussi si Joe Biden va l’abroger ou le laisser en l’état. Sollicitée, son équipe de campagne a refusé de s’exprimer.

avec Alden Bentley, Meg Shen et Tom Daly version française Nicolas Delame, Bertrand Boucey et Claude Chendjou

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