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Sociétés

Le lien à risque entre emprunts d'Etat et banques se détend-étude

LONDRES, 10 novembre (Reuters) - Le lien entre les emprunts obligataires souverains et les banques qui a rendu le secteur financier européen vulnérable à des mouvements de vente massifs sur les marchés de la dette s’est détendu depuis quelques années grâce aux achats massifs de titres de la Banque centrale européenne (BCE), montre une nouvelle étude.

Ce lien implique qu’une envolée des coûts de financement d’un Etat donné constitue une menace pour les banques du pays concerné car celles-ci détiennent souvent une part importante de la dette publique.

Ces craintes ont été particulièrement vives pendant la crise de la dette dans la zone euro en 2011 et elles ont brièvement refait surface en mars pendant la phase de dislocation des marchés provoquée par la pandémie de coronavirus.

Mais l’étude menée par Angelo Ranaldo, professeur de finance et de risque systémique à l’Université de Saint-Gall, et par Jens Eisenschmidt, économiste spécialisé dans la stratégie de politique monétaire à la BCE, suggère que ce risque a diminué grâce aux achats d’actifs de la banque centrale.

L’étude, qui n’est pas encore publiée, s’appuie sur les écarts de taux (spreads) des swaps de défaut de crédit (CDS) pour les Etats et les banques entre janvier 2014 et décembre 2016. Et elle conclut que le “comouvement” entre les deux catégories de risque de crédit a diminué d’environ 80% depuis que la BCE a lancé ses mécanismes d’assouplissement quantitatif (QE) en 2015.

Avant le QE, “le lien souverains-banques était particulièrement fort pour la périphérie de la zone euro (Grèce, Italie, Irlande, Portugal et Espagne), plus que pour le coeur de la zone euro”, a expliqué Angelo Ranaldo à Reuters.

“Après le (programme d’achats du secteur public, PSPP), le lien dans la périphérie de la zone euro a nettement diminué, ce qui suggère que le QE a atténué le problème précisément dans cette région.”

Les craintes liées au lien entre risque souverain et risque bancaire affectaient particulièrement les banques italiennes, qui détiennent environ 20% des quelque 2.100 milliards d’euros de dette publique émise par Rome.

En mars dernier, alors que la panique menaçait les marchés, la BCE a lancé un nouveau plan d’achats de titres de 750 milliards d’euros, porté ensuite à 1.350 milliards et qui pourrait être encore augmenté le mois prochain.

La BCE détient désormais près de 25% de l’encours du marché obligataire italien dans son ensemble, une proportion qui continue d’augmenter.

L’étude des deux économistes explique que le QE, qui a pour effet de réduire les coûts de financement, atténue les risques pour la stabilité financière induits par le creusement des déficits budgétaires et peut donc “restreindre la boucle diabolique entre les souverains et le risque de crédit bancaire”.

“Nos résultats soulignent l’importance d’achats de grande ampleur d’obligations d’Etat pour la stabilité financière, en particulier pendant les crises”, ajoute-t-elle.

Version française Marc Angrand

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