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Économie

L'"effet Biden" continue de favoriser les actions

PARIS (Reuters) - Les principales Bourses européennes évoluent en nette hausse en début de séance lundi, saluant la confirmation de la victoire de Joe Biden à l’élection présidentielle américaine, perçue, au-delà des considérations politiques, comme la fin d’un épisode d’incertitude et d’instabilité pour les marchés.

Les principales Bourses européennes évoluent en nette hausse en début de séance lundi. À Paris, le CAC 40 gagne 1,49% vers 09h00 GMT, au plus haut depuis la mi-septembre. A Londres, le FTSE 100 prend 1,52% et à Francfort, le Dax avance de 1,76%. /Photo prise le 6 novembre 2020/REUTERS

À Paris, le CAC 40 gagne 1,49% à 5.034,93 points vers 09h00 GMT, au plus haut depuis la mi-septembre. A Londres, le FTSE 100 prend 1,52% et à Francfort, le Dax avance de 1,76%.

L’indice EuroStoxx 50 est en hausse de 1,59%, le FTSEurofirst 300 de 1,46% et le Stoxx 600 de 1,41%.

Le mouvement de hausse lié à l’actualité politique aux Etats-Unis n’est évidemment pas limité à l’Europe: l’indice mondial MSCI, qui couvre 49 marchés, développés et émergents, a atteint un nouveau plus haut historique.

Après la confirmation de sa victoire en Pennsylvanie, qui lui assure la majorité des grands électeurs, Joe Biden a lancé les préparatifs de la transition, même si Donald Trump n’a pas reconnu sa défaite et promet de multiplier les recours juridiques.

“Pour les marchés, la situation actuelle est presque idéale”, estime John Plassard, directeur adjoint de Mirabaud Securities, pour qui le Sénat à majorité républicaine empêchera toute réforme fiscale en profondeur et qui n’exclut pas de nouvelles mesures de soutien de la Réserve fédérale.

L’actualité politique américaine devrait continuer de faire les gros titres cette semaine même si les investisseurs ne peuvent pas oublier le contexte de la pandémie de coronavirus, avec sa litanie de records de contaminations, en Europe comme aux Etats-Unis.

La deuxième vague de la crise sanitaire devrait amplifier la contraction de l’économie française, estime la Banque de France, qui table désormais sur une chute de 9% à 10% du produit intérieur brut (PIB) cette année.

En Allemagne, les chiffres mensuels de la balance commerciale sont mitigés: les exportations ont certes augmenté plus qu’attendu en septembre (+2,3%) mais les importations ont subi une baisse inattendue (-0,1%).

Samedi, les statistiques du commerce extérieur chinois avaient confirmé la tendance à la reprise progressive de l’économie, avec une progression de 11,4% sur un an des exportations.

VALEURS

Tous les grands indices sectoriels européens Stoxx évoluent dans le vert, avec un avantage marqué pour les valeurs cycliques: le compartiment automobile prend 1,93%, au plus haut depuis février, celui des matières premières 2,42%, celui du tourisme et des loisirs 2,7%.

En tête du CAC 40, ArcelorMittal gagne 4,2%, Airbus 4,13% et STMicroelectronics 3,69%.

Au-delà de l’euphorie générale, ce dernier profite des annonces encourageantes de son concurrent allemand Infineon (+2,31%).

EN ASIE

A la Bourse de Tokyo, l’indice Nikkei a terminé en hausse de 2,12%, sa plus forte progression sur une séance depuis le 3 août, et il a atteint son plus haut niveau depuis novembre 1991.

En Chine, l’espoir d’un apaisement au moins partiel des tensions commerciales avec les Etats-Unis grâce à la victoire de Joe Biden a aussi favorisé les actions: l’indice SSE Composite de Shanghai s’est adjugé 1,86% et le CSI 300 (+1,96%) a atteint son plus haut niveau depuis juin 2015.

A WALL STREET

Les contrats à terme sur les principaux indices américains suggèrent pour l’instant une progression de plus de 1,3% pour le Dow Jones et le Standard & Poor’s 500 et de plus de 2% pour le Nasdaq.

Vendredi, la Bourse de New York a fini en ordre dispersé alors que la voie de la Maison blanche semblait se dégager pour Joe Biden et après des chiffres mensuels de l’emploi confirmant la tendance au ralentissement de la reprise aux Etats-Unis.

Le Dow Jones a cédé 66,78 points, soit 0,24%, à 28.323,4 points, le S&P-500 a perdu 1,01 point, soit 0,03%, à 3.509,44 et le Nasdaq Composite a gagné 4,30 points (0,04%) à 11.895,23 points.

Sur l’ensemble de la semaine, le S&P 500 (+7,32%) et le Nasdaq (+9,02%) enregistrent leurs meilleures performances depuis avril, qui les ramènent respectivement à 2,2% et 1,5% de leur record.

TAUX

Les rendements obligataires de référence poursuivent leur repli, à -0,639% pour le Bund allemand à dix ans, mais le mouvement est plus prononcé pour les emprunts de pays du sud de l’Europe, signe que les investisseurs reprennent goût au risque. Le dix ans italien recule ainsi de plus de quatre points de base à 0,577% et se rapproche de son plus bas historique.

Le dix ans américain, lui, revient sous 0,81% après la forte hausse enregistrée vendredi.

CHANGES

Le dollar ne réduit que marginalement les pertes subies au cours des quatre séances précédentes, un repli qui l’a ramené à son plus bas niveau depuis le 1er septembre face à un panier de devises de référence (+0,11%).

Ce mouvement s’explique par la perspective de voir la présidence Biden débuter par un plan de relance, synonyme de creusement des déficits, et par celle d’une prolongation, voire d’une accentuation, de la politique monétaire ultra-accommodante de la Réserve fédérale pour soutenir une reprise économique qui faiblit déjà.

L’euro en a profité pour se rapprocher de 1,19 dollar, un seuil qu’il n’a plus franchi depuis deux mois.

PÉTROLE

Le regain d’appétit pour le risque et la baisse confirmée du dollar profitent aux matières premières en général et au pétrole en particulier en prenant le pas sur les craintes pour la demande liées à la pandémie.

Le Brent gagne ainsi 2,03% à 40,25 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 2,1% à 37,92 dollars.

Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot

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