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Sociétés

ENTRETIEN MARCHÉS-Le "high yield" injustement mal aimé-Generali Investments

PARIS, 23 octobre (Reuters) - Le marché de la dette d’entreprise classée en catégorie spéculative par les agences de notation (“high yield”) est traité à tort avec méfiance par les investisseurs, dit-on chez Generali Investments.

Ce segment du marché du crédit, qui présente l’intérêt d’offrir du rendement dans un univers obligataire où il se fait rare, mérite un meilleur sort, dit à Reuters Benoist Grasset, gérant de portefeuille obligataire pour la branche de gestion d’actifs de l’assureur italien.

Inquiets du risque de défaut sur le “high yield”, les investisseurs sont souvent plus à l’aise avec la dette classée en catégorie investissement (“investment grade”), explique-t-il.

“Les gens n’aiment pas trop le high yield”, dit-il avant de souligner la sous-performance de ce segment par rapport à la dette “investment grade” pendant le rebond qui a suivi la dislocation du mois de mars.

“Le risque de défaut est consubstantiel au marché du high yield et il faut l’accepter”, ajoute-t-il. “Au mois de mars, les gens s’attendaient à un taux de défaut considérable or il n’y en pratiquement pas eu, et uniquement sur des noms somme toute confidentiels, comme Selecta.”

Protégé comme l’ensemble du marché du crédit par les mesures de soutien rapides et massives prises par les banques centrales et les gouvernements pour limiter les dégâts sur l’économie de la crise sanitaire, le marché du “high yield” a en outre bénéficié de l’arrivée de nombreux “anges déchus” (“fallen angels”), à savoir d’émetteurs ayant quitté l’”investment grade” après une dégradation de leur note de crédit, ajoute le gérant.

“Quand vous regardez l’indice ‘high yield’ aujourd’hui, il est de bien meilleure qualité qu’il pouvait l’être il y a trois ou quatre ans”, dit-il.

LA DETTE SUBORDONNÉE BANCAIRE À CONSIDÉRER

“Vous avez pratiquement 70% des émetteurs qui sont notés ‘BB’, donc dans la partie de meilleure qualité, parce qu’il y a eu des ‘BBB’ qui ont été dégradés” précise Benoist Grasset.

“Jamais on n’a eu une telle proportion de ‘BB’, donc vous avez un marché du ‘high yield’ dans son ensemble qui n’a jamais été d’aussi bonne qualité.”

Il convient cependant d’être sélectif pour approcher un marché dont les deux extrêmes, soit les émetteurs notés “BB” et “CCC”, ont bien performé tandis que le ventre mou, peuplé par les émetteurs notés “B”, souffrait davantage avec une dispersion importante, détaille le gérant.

“Dans le marché du ‘high yield’, plutôt que les noms qui sont revenus à leurs niveaux pré-COVID et sont lourdement endettés comme Netflix, nous préférons nous concentrer sur les titres portés par une dynamique qui leur est propre, comme par exemple Tereos”, dit-il.

“Il y a plein d’incertitudes, c’est une évidence, mais la reprise est là et le commerce reprend, ce qui nous conduit à nous intéresser à des titres plus cycliques”, ajoute-t-il.

“Il y a un thème que nous suivons particulièrement qui est la dette subordonnée bancaire, en sachant que les banques, dans cette crise, sont la solution et non pas le problème.”

Si le marché du “high yield” n’est pas à l’abri de turbulences, il pourrait bénéficier à terme d’un coup de pouce si la Banque centrale européenne décidait d’imiter la Réserve fédérale en ajoutant cette classe d’actifs à sa liste de courses.

“Des achats de titres ‘high yield’ par la BCE seraient évidemment un facteur de soutien pour ce marché”, explique Benoist Grasset. “Nous ne l’excluons pas mais nous ne pensons pas qu’elle le fera dans l’immédiat.” (édité par Jean-Stéphane Brosse)

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