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La France appelle de nouveau la classe politique libanaise à la responsabilité

PARIS (Reuters) - La France a de nouveau appelé vendredi soir les forces politiques libanaises à “prendre leurs responsabilités” pour éviter “le chaos et la paralysie” alors que les consultations à Beyrouth en vue de désigner un nouveau Premier ministre ont été repoussées.

“Alors que la crise économique et sociale, aggravée par les conséquences de l’explosion du 4 août (ndlr, sur le port de Beyrouth), affecte de plus en plus durement les Libanais, la formation d’un gouvernement de mission capable de mettre en oeuvre les réformes nécessaires continue à prendre du retard, malgré les engagements réaffirmés par l’ensemble des forces politiques libanaises”, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères.

Le Quai d’Orsay rappelle que ces forces politiques portent seules “la responsabilité de ce blocage prolongé, qui empêche toute réponse aux attentes exprimées par la population libanaise”.

“La France appelle pour sa part l’ensemble des dirigeants politiques libanais à prendre les responsabilités qui leur incombent (...) Il revient pour cela aux responsables libanais de faire enfin le choix du relèvement plutôt que de la paralysie et du chaos.”

Le président libanais, Michel Aoun, a fait savoir mercredi qu’il reportait d’une semaine les consultations destinées à désigner un nouveau Premier ministre chargé de former un gouvernement capable de résoudre la profonde crise économique que traverse le pays.

Ces consultations étaient censées débuter jeudi. Elles ne commenceront que le 22 octobre prochain.

L’objectif est désigner un nouveau Premier ministre après la démission de Moustapha Adib, qui a jeté l’éponge le 26 septembre, estimant qu’il lui était impossible de surmonter les rivalités entre partis autour de l’attribution des ministères et de former son “gouvernement de mission”.

Cet échec a été très mal vécu par le président français Emmanuel Macron, qui s’est largement impliqué dans le dossier libanais et avait rapporté, lors de son second déplacement à Beyrouth après la catastrophe, que la classe politique libanaise s’était engagée auprès de lui à former un “gouvernement de mission” pour la mi-septembre.

Lors d’une conférence de presse organisée en duplex entre Paris et Beyrouth le lendemain de la démission d’Adib, il a dénoncé la “trahison collective” de la classe politique libanaise et repoussé les échéances, donnant quatre à six semaines aux responsables libanais pour former un gouvernement de mission, soit un laps de temps compris entre les 25 octobre et 8 novembre environ.

Il s’agit de doter le Liban d’un gouvernement à même de combattre la corruption et d’enclencher des réformes jugées nécessaires pour le déblocage de plusieurs milliards de dollars d’aide internationale indispensable pour sortir le pays de la crise économique et desserrer la pression de sa dette.

Henri-Pierre André

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