for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up
Sociétés

Doutes à la BCE sur un objectif d'inflation moyenne-sources

FRANCFORT, 12 octobre (Reuters) - Plusieurs responsables de la Banque centrale européenne sont réticents à l’idée d’imiter la Réserve fédérale américaine en adoptant un objectif d’inflation moyenne, craignant que cela complique la gestion de la politique monétaire, a-t-on appris de plusieurs sources impliquées dans la refonte en cours de la stratégie de la BCE.

La Fed a annoncé fin août son intention de viser désormais un taux d’inflation de 2% en moyenne sur un laps de temps non spécifié, ce qui impliquerait de laisser les prix filer pour compenser des périodes de faible progression des prix ou inversement.

Mais les responsables de la BCE avec lesquels Reuters a discuté du sujet ont exprimé leur crainte qu’une stratégie similaire conduise les marchés financiers à des anticipations hâtives en matière d’évolution de la politique monétaire sur la seule base d’un niveau passé d’inflation.

Ils ont ajouté vouloir conserver une certaine souplesse pour pouvoir juger de chaque situation en fonction de ses caractéristiques propres, par exemple en minimisant au besoin des changements temporaires du taux d’inflation liés à des fluctuations des cours du pétrole.

“Nous voulons de la flexibilité, donc un objectif moyen ne nous apporterait pas un avantage réel”, a dit l’une des sources.

Un porte-parole de la BCE s’est refusé à tout commentaire.

Les responsables interrogés craignent aussi de mettre la barre trop haut en s’engageant explicitement à laisser l’inflation dépasser 2% suffisamment longtemps pour compenser les années d’inflation inférieure à ce seuil, sachant que la hausse annuelle des prix à la consommation dans la zone euro a été de 1,3% en moyenne sur les dix dernières années.

“Personne ne veut susciter des anticipations auxquelles on serait incapable de répondre”, a résumé une autre source.

LA FED N’A PAS ENCORE CONVAINCU, Y COMPRIS À LA BCE

Certaines des sources ont aussi noté que la Fed avait du mal à communiquer sur sa nouvelle stratégie et que le Federal Open Market Committee (FOMC), le comité de politique monétaire de la banque centrale américaine, était divisé sur le sujet, ce qui suscite de la confusion sur les marchés et dans le grand public.

“Personne ne sait ce que signifiera le nouvel objectif parce que les membres du FOMC sont divisés et que leurs discours, leur cacophonie ont provoqué de la confusion sur les marchés”, a dit une autre source.

La majorité des responsables de la BCE qui ont évoqué le sujet avec Reuters penchent en faveur d’une définition plus générale et un objectif d’inflation de 2% sur un horizon de moyen terme non spécifié.

Cela reviendrait à supprimer la mention “inférieure à, mais proche de” qui accompagne depuis des années l’objectif de 2% dans les communiqués de la BCE et dans laquelle certains voient la preuve que la banque centrale préfère une inflation sous 2% plutôt qu’au-dessus.

Cette modification devrait s’accompagner d’un engagement réaffirmé envers la “symétrie”, qui reviendrait à accorder autant d’importance à un chiffre inférieur à 2% qu’à un taux supérieur à ce seuil, ont ajouté les sources.

Ces modifications, estiment-elles, ne remettraient pas en cause l’engagement envers l’objectif d’inflation tout en donnant des marges de manoeuvre accrues pour réagir à telle ou telle situation.

Ces opinions restent des points de vue individuels et le Conseil des gouverneurs n’a pas encore débattu formellement du sujet.

Une cinquième source s’est montrée plus favorable à l’approche choisie par la Fed, estimant qu’elle constituait une option.

La BCE espère présenter les premières conclusions de sa réflexion avant la fin de l’année mais certaines sources doutent de sa capacité à tenir cette échéance. (Marc Angrand)

for-phone-onlyfor-tablet-portrait-upfor-tablet-landscape-upfor-desktop-upfor-wide-desktop-up