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Sociétés

POINT HEBDO-Les marchés portés par un optimisme fragile

* Les marchés repartent après la correction de septembre

* Les espoirs d’un plan de relance aux USA en soutien

* Les banques centrales prêtes à en faire davantage

* Encore de la volatilité à prévoir à court terme

par Patrick Vignal

PARIS, 9 octobre (Reuters) - Après la correction du mois de septembre, entraînée par la montée des incertitudes sanitaires, économiques et politiques, les marchés financiers paraissent vouloir repartir de l’avant en regardant au-delà d’un horizon pourtant toujours obscurci par les doutes.

La première semaine pleine d’octobre a ainsi été positive pour les marchés d’actions et si les indices oscillent encore au gré des nouvelles, la nervosité des investisseurs semble s’apaiser.

Cet optimisme, fragile mais réel, s’appuie sur la conviction qu’un vaccin contre le COVID-19 ne tardera pas à être introduit et que les parlementaires américains et la Maison blanche parviendront à se mettre d’accord sur un nouveau plan de soutien à la première économie du monde.

Si une certaine prudence s’impose toujours avec une résurgence inquiétante de la pandémie de coronavirus dans certaines régions et l’approche de l’élection présidentielle américaine du 3 novembre, les investisseurs n’entrent pas pour autant dans le dernier trimestre de l’année sans visibilité, dit-on chez Barclays.

“De nombreux risques sont connus et sont soit déjà intégrés dans les cours, soit limités dans le temps”, écrivent dans une note les stratèges actions européennes de la banque britannique.

“Nous pensons que les investisseurs ne doivent pas perdre de vue un paysage global qui demeure favorable aux actions”, ajoutent-ils.

Dans ce contexte Barclays prône une légère surpondération sur les valeurs cycliques, aux valorisations déprimées, et invite les investisseurs à considérer les replis potentiels sur la fin de l’année comme des opportunités d’achat.

LES BANQUES CENTRALES RESTENT L’ARME AU PIED

Les perspectives demeurent positives à moyen terme, pense-t-on également chez Cholet Dupont, où l’on insiste sur l’efficacité du coussin de protection offert à l’économie par les banques centrales.

Ces dernières viennent de confimer qu’elles demeuraient disposées à en faire davantage.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a ainsi plaidé mardi pour une aide accrue aux entreprises et aux ménages en mettant en garde contre le risque d’une spirale déflationniste aux Etats-Unis.

Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), des responsables ont plaidé lors de la réunion monétaire de septembre pour garder “les mains libres” afin de limiter les dégâts économiques de la crise sanitaire, a montré le compte rendu des débats, publié jeudi.

Si les gérants et analystes sont plutôt confiants pour le moyen terme, l’avenir immédiat est plus incertain et dépendra essentiellement des évolutions de la recherche médicale sur le COVID-19 et des négociations sur le plan de relance aux Etats-Unis, estime Vincent Guenzi, stratège de Cholet Dupont.

“A défaut d’avancées claires sur ces deux points, les marchés pourraient rester attentistes et hésitants en octobre et peut-être en novembre car le déroulement de la campagne électorale américaine et l’issue des élections vont devenir des facteurs de volatilité”, écrit-il dans une note.

La volatilité ne devrait en effet pas disparaître avec non seulement la perspective d’un scrutin serré et contesté aux Etats-Unis mais aussi les difficiles négociations entre Londres et Bruxelles sur l’après-Brexit, largement ignorées par les marchés jusqu’à présent et pourtant lourdes de conséquences.

TRUMP FAIT ENCORE DES VAGUES

Dans un climat tendu, le principal facteur de volatilité immédiate reste Donald Trump lui-même, qui a rassuré les marchés en retournant à la Maison blanche très peu de temps après son test positif au coronavirus avant de les inquiéter à nouveau en annonçant un gel sur les négociations sur des mesures de relance.

Il a cependant vite fait machine arrière en appelant le Congrès à voter rapidement un plan de soutien prévoyant 25 milliards de dollars d’aides au secteur aérien, 135 milliards de dollars d’aides pour les petites entreprises et le versement de 1.200 dollars d’aide à chaque foyer américain.

La réaction des marchés a été modérée, les investisseurs s’habituant aux revirements constants de l’imprévisible président américain.

Ce dernier refuse pour l’instant de participer au deuxième débat avec son rival Joe Biden, qui devait se tenir à distance jeudi prochain mais pourrait être repoussé d’une semaine.

Les marchés paraissent miser prudemment désormais sur une victoire du candidat démocrate, qui conserve son avance dans les sondages, mais redoutent une transition compliquée, le président sortant ayant clairement fait savoir qu’il contesterait l’issue du scrutin si elle lui était défavorable.

S’il avait lieu, le débat de jeudi entre Donald Trump et Joe Biden dominerait l’agenda des prochains jours, sur lequel figurent également les perspectives économiques mondiales du Fonds monétaire international, attendues pour mardi.

édité par Blandine Hénault

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