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Sociétés

RPT-POINT HEBDO-Trump sur tous les fronts sur des marchés fébriles

(Répétition sans changement d’une dépêche transmise vendredi)

* Trump entretient la volatilité sur les marchés

* Un débat houleux puis un test positif au coronavirus

* L’issue du scrutin du 3 novembre reste incertaine

* Le risque sanitaire continue de peser

* Les banques centrales s’interrogent sur l’inflation

par Patrick Vignal

PARIS, 5 octobre (Reuters) - Omniprésent dans l’actualité avant même l’annonce de son test positif au coronavirus, Donald Trump s’affirme chaque jour davantage comme un facteur de volatilité sur les marchés financiers.

Le président américain vient de faire malgré lui le lien entre les deux éléments que les investisseurs surveillent en priorité, à savoir l’approche de l’élection présidentielle du 3 novembre et l’évolution de la crise sanitaire.

Tout a commencé mardi par une confrontation houleuse avec son adversaire démocrate, Joe Biden.

Distancé dans les intentions de vote, Donald Trump entendait profiter de ce premier débat télévisé entre les deux rivaux dans la course à la Maison blanche pour bousculer la campagne et se relancer.

Interrompant sans cesse son opposant pour l’entraîner dans un pugilat verbal, le président sortant a multiplié les tentatives de déstabilisation dans l’espoir d’inverser une dynamique défavorable depuis plusieurs mois.

Il n’est pas certain qu’il y soit parvenu et que la donne ait significativement changé, estiment les analystes, un avis qu’a paru corroborer la réaction modérée des marchés à la joute entre les deux hommes.

“Ce débat ne fut qu’un match entre deux personnalités, Donald Trump voulant prouver que personne ne lui résiste et Joe Biden s’employant à montrer qu’il sait faire face à toutes les situations”, commente Hervé Goulletquer, stratégiste de La Banque Postale Asset Management.

“Pour le marché, la perspective cauchemardesque est un résultat serré qui ouvre la porte à des démarches de contestation de celui-ci. L’incertitude s’installerait pour un temps et pourrait être accentuée par un ralentissement de l’activité économique, pour cause de moindre soutien budgétaire”, ajoute-t-il.

UN SCRUTIN À L’ISSUE INCERTAINE

Donald Trump, qui a clairement fait savoir qu’il entendait contester le résultat des urnes s’il lui était défavorable, n’en avait pas fini avec les gros titres après ce débat au parfum de soufre.

L’annonce, vendredi, d’un test positif au coronavirus du président américain et de son épouse, Melania, a logiquement entraîné sur les marchés un mouvement d’aversion au risque.

Il est difficile de prévoir les effets politiques d’une telle nouvelle mais il est vraisemblable que Donald Trump devra limiter ses déplacements de campagne et certains avancent que sa santé pourrait se dégrader en raison de son âge (74 ans).

“L’issue du scrutin présidentiel est aujourd’hui très incertaine alors qu’il est difficile d’établir quel serait le meilleur scénario pour l’économie américaine et pour les marchés financiers”, résume Emmanuel Auboyneau, gérant associé chez Amplegest.

Le choc du test positif de Donald Trump a effacé l’espoir d’une avancée vers un nouveau plan de relance aux Etats-Unis et souligné la nervosité des marchés face à la persistance de la propagation de la pandémie de coronavirus et aux risques qu’elle fait peser sur les perspectives économiques.

La barre symbolique du million de décès recensés à travers le monde vient d’être franchie, le taux de mortalité n’a cessé de croître au cours de ces dernières semaines, les contaminations sont en hausse dans plusieurs pays et de nouvelles mesures de restriction se profilent un peu partout.

En dépit de la résurgence de la pandémie, les grandes économies ont globalement retrouvé le chemin de la croissance mais l’activité reste toutefois inégale entre les pays et les secteurs, souligne Emmanuel Auboyneau.

LA VOLATILITÉ DEVRAIT RESTER ÉLEVÉE

Face à ces incertitudes, les grandes banques centrales, qui ont déjà déployé un arsenal considérable pour favoriser la reprise de l’activité, pourraient être contraintes d’en faire encore davantage.

Elles s’interrogent en outre sur l’attitude à adopter face à l’inflation, qui refuse pour l’instant de décoller vers leur cible mais pourrait remonter dangereusement une fois passés les effets déflationnistes de court terme de la crise sanitaire.

L’inflation dans la zone euro a touché en septembre un creux de près de quatre ans, à -0,3% sur un an, montrent les statistiques publiées vendredi par Eurostat.

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, avait évoqué deux jours plus tôt la possibilité que l’institution de Francfort s’inspire de la nouvelle stratégie de la Réserve fédérale en matière d’inflation.

Pour rappel, la Fed a annoncé fin août qu’elle viserait une hausse des prix de 2% par an en moyenne sur la durée, si besoin en laissant filer pendant “un certain temps” les prix à la hausse pour compenser des périodes d’inflation inférieures à l’objectif.

Tout en suivant avec attention les débats au sein des banques centrales, les investisseurs s’attendent à voir la volatilité demeurer élevée, en particulier sur les marchés actions, en raison principalement du manque de visibilité sur l’évolution de la situation sanitaire.

“La découverte d’un vaccin changerait la donne mais on peut estimer aussi que les marchés s’habituent à tout”, fait valoir Mabrouk Chetouane, directeur de la recherche et de la stratégie pour BFT Investment Managers.

“Ils se sont accoutumés à Trump, ils se sont habitués à la guerre commerciale et ils pourraient tout aussi bien s’habituer à vivre avec le virus, même si le phénomène d’accoutumance risque de prendre du temps”, argumente-t-il.

édité par Blandine Hénault

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