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Économie

LVMH saisit la justice pour rejeter la requête en urgence de Tiffany

PARIS (Reuters) - LVMH a annoncé jeudi avoir déposé ses conclusions devant le tribunal du Delaware auquel il demande de rejeter la requête en urgence du joaillier américain Tiffany, que le groupe de luxe français a renoncé à acquérir.

LVMH a annoncé jeudi avoir déposé ses conclusions devant le tribunal du Delaware auquel il demande de rejeter la requête en urgence du joaillier américain Tiffany, que le groupe de luxe français a renoncé à acquérir. /Photo d'archives/REUTERS/Christian Hartmann

Tiffany a porté plainte dans cet Etat de la côte Est américaine, où la société est enregistrée, afin de contraindre LVMH à finaliser l’opération de rachat estimée à 16,2 milliards de dollars (13,7 milliards d’euros) et réclame un verdict avant le 24 novembre, soit la date limite de finalisation de l’accord.

Dans son communiqué, LVMH dit avoir demandé au tribunal de rejeter la demande de Tiffany “de statuer dans un délai si court qu’il serait incompatible avec une administration de la justice dans la sérénité”.

“En demandant à la justice de statuer en urgence - et en communiquant de manière aussi fébrile que précipitée -, les dirigeants de Tiffany n’ont pour objectif que d’éviter d’avoir à répondre, notamment devant leurs actionnaires, de leur mauvaise gestion et de voir leurs arguments contre LVMH tomber les uns après les autres”, ajoute le géant français du luxe.

Pour LVMH, non seulement il n’y a “aucune raison objective” à accélérer la procédure, mais le fait d’avoir un procès dans un délai de six à sept mois permettrait aux deux groupes de mieux se préparer.

“Tiffany ne donne aucune raison pour laquelle ce tribunal devrait déplacer des montagnes”, écrit le groupe dirigé par Bernard Arnault dans son dossier judiciaire.

ACCUSATIONS RÉCIPROQUES

Le mariage entre LVMH et Tiffany aurait permis au groupe français de se renforcer sur le marché de la joaillerie dans le cadre de la plus importante acquisition dans le secteur du luxe.

LVMH reproche désormais au groupe américain sa “mauvaise gestion” de la crise du coronavirus et le versement de dividendes.

Tiffany a accusé une perte nette de 33 millions de dollars au premier semestre 2020, alors que la perte de la division joaillerie et horlogerie de LVMH était de 17 millions d’euros. Le groupe américain a néanmoins donné son aval au versement de dividendes trimestriels de 0,58 dollar par action en mai et en août, comme le permet l’accord de fusion.

Selon LVMH, Tiffany aurait dû s’abstenir, dans la mesure où il perdait de l’argent et subissait une diminution des ventes due à la crise sanitaire. LVMH a réduit de 30% son propre dividende au titre de l’exercice 2019.

Pour LVMH, l’examen de la situation économique de Tiffany relève d’un cas de force majeure (material adverse effect), une clause jointe à l’accord de fusion qui permet d’annuler l’opération.

Le joaillier américain reproche pour sa part à LVMH d’avoir cherché à plusieurs reprises un prétexte pour invoquer cette clause. Il accuse également le géant français de retarder sciemment l’obtention des autorisations administratives relatives aux règles anti-trust à travers le monde, ce que dément LVMH.

A la Bourse de Paris, l’action LVMH a terminé en baisse de 1,4% à 420 euros. A Wall Street, Tiffany abandonnait 0,70% à 115 dollars au même moment.

Sarah White et Silvia Aloisi, Nicolas Delame, Henri-Pierre André et Claude Chendjou, édité par Jean-Michel Bélot

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