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Sociétés

Brexit-Londres agite la menace du "no deal" sur le libre-échange avec l'UE

LONDRES/DUBLIN 8 septembre (Reuters) - Le Royaume-Uni a averti mardi qu’il se préparait à ne pas signer d’accord de libre-échange si l’Union européenne (UE) ne se montrait pas plus flexible, alors que débute un nouveau cycle de discussions en vue d’obtenir un accord commercial encadrant les futures relations post-Brexit entre Londres et l’UE.

Les discussions en vue d’un accord de libre-échange destiné à régir les échanges commerciaux - de près de 1.000 milliards de dollars - entre les deux parties ont peu progressé malgré la proximité de la date butoir du 15 octobre.

Le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE le 31 janvier dernier mais reste soumis aux règles communautaires pendant une période de transition fixée au 31 décembre 2020. Aucun accord ne régit pour l’heure les relations après cette date.

La veille, Londres a laissé entendre que le traité sur sa sortie de l’UE pourrait être remis au moins partiellement en cause en l’absence d’accord de libre-échange d’ici la mi-octobre.

David Frost, qui mène les négociations sur le Brexit pour Londres, a réitéré sa déclaration selon laquelle la Grande-Bretagne ne redoutait pas une sortie de l’UE sans accord.

“Nous discutons depuis six mois et nous ne pouvons plus nous permettre de ressasser les mêmes choses. Nous avons besoin que l’UE fasse preuve de plus de réalisme quant à notre statut de pays indépendant”, a dit David Frost dans un communiqué.

“S’ils ne peuvent pas le faire dans le temps très limité qu’il nous reste, nous commercerons dans des conditions similaires à celles entre l’UE et l’Australie, et nous accélérerons nos préparatifs en vue de la fin de l’année”.

Pour sa part, le ministre britannique du Logement a déclaré mardi que le gouvernement serait heureux de quitter le bloc sans accord, si l’UE ne fait pas preuve de flexibilité afin de conclure un traité sur le modèle canadien et éviter une rupture brutale entre les deux partenaires.

L’UE a averti lundi la Grande-Bretagne que sa réputation internationale serait ternie et qu’il n’y aurait pas d’accord commercial après que le journal britannique Financial Times a annoncé que le gouvernement britannique menaçait de ne pas appliquer le traité sur sa sortie de l’UE si un accord de libre-échange n’est pas conclu d’ici au 15 octobre.

Cette déclaration du Royaume-Uni préoccupe le Premier ministre irlandais Micheal Martin qui a déclaré que toute négociation commerciale serait “nulle et non avenue” si l’accord de sortie n’est pas mis en œuvre dans son intégralité.

“L’accord de sortie est un traité international et nous attendons du gouvernement britannique qu’il applique et respecte ce qui a été convenu. Nous leur faisons confiance pour le faire, sinon ils rendraient le processus de négociations nul et non avenu”, a déclaré Martin dans un interview accordé à l’Irish Examiner.

Le nouveau cycle de négociations qui s’ouvre ce mardi à Londres s’annonce difficile, le Royaume-Uni faisant pression pour faire valoir ses demandes en matière d’aides d’Etat et sur la pêche.

L’absence d’accord de libre-échange bouleverserait les relations commerciales et financières entre la sixième économie mondiale et l’UE, déjà fortement touchées par la crise sanitaire liée au coronavirus.

Le regain de tensions entre Londres et Bruxelles n’est pas sans inquiéter les marchés financiers où la livre sterling chute mardi de 1% face au dollar et de 0,7% face à l’euro. (Guy Faulconbridge, Andrew MacAskill, John Chalmers et Padraic Halpin, version française Diana Mandiá, édité par Blandine Hénault)

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