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France: Facebook bloque la vidéo de fin de vie d'un malade incurable

PARIS (Reuters) - Facebook a bloqué samedi la vidéo diffusée en direct sur internet d’Alain Cocq, un Français atteint d’une maladie rare et incurable.

Facebook a bloqué samedi la vidéo diffusée en direct sur internet d'Alain Cocq (photo), un Français atteint d'une maladie rare et incurable. /Photo prise le 19 août 2020/REUTERS/Gonzalo Fuentes

Alain Cocq a décidé de se laisser mourir en direct pour revendiquer le droit à une fin de vie digne après avoir sollicité en vain Emmanuel Macron pour qu’un médecin le plonge dans une sédation profonde jusqu’au décès, ce que la loi interdit.

“Là, je viens de finir mon dernier repas (...). Je bois à votre santé une dernière fois. Le chemin de ma délivrance commence et, croyez-moi, j’en suis heureux”, a déclaré cet homme de 57 ans dans une vidéo filmée la nuit dernière de son lit médicalisé installé à son domicile de Dijon.

Alain Cocq avait demandé à Emmanuel Macron d’intervenir pour qu’un médecin soit autorisé à lui prescrire un sédatif.

Votée en 2016, la loi sur la fin de vie, dite Claeys-Leonetti, a introduit le droit à la sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPC).

Mais ce droit est limité et s’applique à des patients dont le pronostic vital est engagé à court terme, et dont la souffrance est réfractaire aux traitements.

Or, Alain Cocq est malade depuis de longues années. “Je suis en phase finale depuis 34 ans”, a-t-il dit.

“Parce que je ne me situe pas au-dessus des lois, je ne suis pas en mesure d’accéder à votre demande”, déclare le chef de l’Etat dans sa réponse, publiée sur la page Facebook. “Avec émotion, je respecte votre démarche”, ajoute Emmanuel Macron.

L’association “Handi mais pas que!”, dont Alain Cocq est adhérent, a fait savoir par la suite que ce dernier entamerait l’arrêt de son alimentation et de son hydratation ainsi que tout traitement à compter du samedi 5 septembre 2020 à 00h00.

“Je sais que les jours qui m’attendent vont être très difficiles, surtout avec la chaleur qui s’annonce mais néanmoins j’ai pris ma décision et je suis serein”, déclare encore Alain Cocq dans sa vidéo.

“Ce n’est pas un suicide, je suis dans le cas prévu par la loi où un patient peut décider d’arrêter ses traitements. Ça risque d’être rapide, c’est ce que je souhaite, je ne suis pas maso non plus.”

Jean-Stéphane Brosse, Dominique Vidalon, Shubham Kalia et Matthieu Protard

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