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Économie

Veolia doit améliorer son offre sur Suez et dialoguer, juge Engie

PARIS (Reuters) - Le projet de Veolia d’acquérir la participation d’Engie dans Suez et de former avec celui-ci un poids lourd du traitement de l’eau et des déchets présente des atouts mais le prix proposé est insuffisant et un dialogue doit s’instaurer entre Veolia et sa cible, a estimé vendredi le président du conseil d’Engie, Jean-Pierre Clamadieu.

Le projet de Veolia d'acquérir la participation d'Engie dans Suez et de former avec celui-ci un poids lourd du traitement de l'eau et des déchets présente des atouts mais le prix proposé est insuffisant et un dialogue doit s'instaurer entre Veolia et sa cible, a estimé vendredi le président du conseil d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu. /Photo d'archives/REUTERS/Philippe Wojazer

Veolia a proposé dimanche de racheter l’essentiel de la participation d’Engie dans Suez (29,9% sur un total de 32%) pour 15,50 euros par action, soit un montant de 2,9 milliards d’euros, avant de lancer une offre sur le reste du capital de son rival et de bâtir avec lui un “grand champion mondial français de la transformation écologique”.

Evoquant tour à tour le “niveau d’enthousiasme, peut-être d’agressivité” et le “fort volontarisme” de Veolia, Jean-Pierre Clamadieu a reconnu vendredi sur BFM Business que la “simplicité” et la “rapidité” de cette offre constituaient des “éléments attractifs” du point de vue d’Engie.

“Le compte n’y est pas” en matière de prix, a cependant ajouté le dirigeant, soulignant que l’offre de Veolia équivaut au prix affiché par l’action Suez en février, c’est-à-dire avant la crise du nouveau coronavirus.

“Aujourd’hui, notre vision est que la valeur de Suez est plus importante que la base de ces discussions”, a insisté Jean-Pierre Clamadieu, pour qui le partage des quelque 500 millions d’euros de synergies envisagées entre les actionnaires de Suez et Veolia constitue aussi un point d’achoppement.

“Je suis persuadé que si (Veolia) était amené à lancer une OPA, elle serait forcément à un prix (...) supérieur”, a également dit le président d’Engie.

Jean-Pierre Clamadieu a en outre indiqué que l’offre de Veolia, de même que toute proposition alternative qui pourrait surgir pour Suez, serait aussi examinée sous l’angle de la qualité du projet industriel et du “respect des parties prenantes”.

UNE ALTERNATIVE ÉTUDIÉE SI ELLE EST RÉALISABLE RAPIDEMENT

“Derrière ça, il y a toute la capacité à créer un projet inclusif et à emporter les équipes de Suez”, a poursuivi Jean-Pierre Clamadieu.

Le président du conseil d’Engie a encouragé Suez, qui a jusqu’à présent rejeté l’approche de Veolia, qualifiée de “particulièrement hostile” par son directeur général Bertrand Camus, à susciter des offres alternatives.

“La réponse que je (...) fais [à Suez], c’est ‘venez nous montrer un projet alternatif et nous regarderons avec beaucoup d’attention un autre projet s’il peut se concrétiser rapidement”, a dit Jean-Pierre Clamadieu.

“Passé le temps de la réaction un petit peu épidermique, il faut se (demander quelles sont) les vraies options (...). J’appelle ce matin à ce qu’un dialogue s’instaure entre les deux entreprises pour d’abord se comprendre et voir comment ce projet peut évoluer.”

Le président d’Engie a également souligné qu’il était nécessaire de bien mesurer l’impact du projet de Veolia pour le secteur de l’eau en France dans la mesure où le groupe prévoit, pour éviter tout problème lié à la concurrence, de céder les activités Eau France de Suez à Meridiam, spécialiste français du développement, du financement et de la gestion d’infrastructures.

Blandine Hénault et Benjamin Mallet, édité par Jean-Stéphane Brosse

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