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Sociétés

ENCADRÉ -Réactions au plan de relance en France

PARIS, 3 septembre (Reuters) - Premières réactions politiques et syndicales à la présentation jeudi du plan de relance de l’économie et de l’emploi en France élaboré par le gouvernement, d’un montant global d’environ 100 milliards d’euros:

* Matthieu Orphelin, député ex LaREM, co-président du groupe Écologie Démocratie Solidarité à l’Assemblée nationale, proche de l’ancien ministre Nicolas Hulot, à Reuters:

“Il y a un effort important pour la transition écologique qui permettra de relancer de gros chantiers comme celui de la rénovation des logements; c’est bien, mais ça ne peut pas se limiter à deux ans, il faudrait le poursuivre pendant au moins dix ans.”

“Nous sommes inquiets concernant les 20 milliards de baisse d’impôts de production, qui auraient dû selon nous être liées à des contreparties sociales, écologiques, fiscales et de relocalisation, au moins pour les 100 premières grandes entreprises.”

* Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, sur franceinfo :

“Vous avez un plan qui est censé préparer l’avenir (...) mais dans le même temps, on fait aussi en sorte d’aider les entreprises carbonnées, qu’il n’y ait pas de conditions à la baisse de fiscalité pour les entreprises. (Ce qui ne va pas), c’est le manque de contreparties et l’absence de reconnaissance pour toutes celles et ceux qui auraient dû être reconnus. Rappelez-vous des grands discours enflammés du président de la République qui nous expliquait qu’il fallait maintenant aider les premiers de tranchée, les premiers de corvée.”

* Eric Woerth, député LR, président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, sur Sud Radio:

“Il fallait un plan de relance, il est ambitieux car il se veut transformateur. Mais il y a une avalanche de milliards et les Français n’y comprennent rien. Je trouve qu’à côté du plan de relance, il devrait y avoir une sorte de plan un peu jumeau qui est un plan de financement de tout ça. Est ce que la relance n’est pas une bombe à retardement?”

“Même avec de l’argent pas cher, à un moment donné, il faudra bien rembourser.”

“C’est très bien de parler de souveraineté et d’indépendance nationale mais si vous n’êtes plus souverain sur le plan financier, ça ne marchera pas.”

* Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France, dans un communiqué :

“Après moult annonces d’un plan censé réconcilier ‘écologie et économie’, le gouvernement présente un plan de relance du monde d’avant, beaucoup moins vert qu’il n’y paraît. Après les chèques en blanc aux secteurs polluants comme l’aéronautique et l’automobile, le gouvernement persiste à ménager le secteur privé avec de nouveaux cadeaux, comme la baisse des impôts de production à hauteur de 20 milliards d’euros pour toutes les entreprises sans distinguo basé sur leur impact environnemental et sans conditions écologiques et sociales contraignantes.

“Faute de s’accompagner de mesures normatives structurantes, ce plan ne permettra pas de changer la donne: rien sur la baisse du trafic routier ou aérien, rien sur la baisse de la production de viande, d’œufs et de produits laitiers qui sont nécessaires pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

* Yves Veyrier, secrétaire général de Force ouvrière, sur RTL:

“Ce que j’attends également, c’est qu’on flèche bien de la relocalisation d’industrie, d’activités, de services qui créent de l’emploi. Il faut que l’on conditionne les aides publiques dans le cadre de la relance à la création d’emplois et à une non-suppression d’emplois effectifs. Ce serait de l’eau dans le sable, sinon.”

* Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, sur France 2:

“Vous avez noté: rien pour les salaires, notamment pour ceux que l’on a appelé les premiers de corvée, la deuxième ligne, je pense aux caissières, aux salariés des commerces, aux aides à domicile, aux agents de sécurité. Ça, c’est un problème.”

“Ça manque parce qu’après les avoir applaudis, les avoir salués, après avoir dit qu’ils étaient indispensables à l’économie, on l’a vu, ils n’ont rien.”

“Ces milliards, ce sont d’abord des aides aux entreprises. Toutes ces aides, cela fait beaucoup de milliards, ne sont pas associées à des contreparties. On donne des sous et puis on verra ce qu’il ce passe.”

Elizabeth Pineau et Marc Angrand, édité par Jean-Stéphane Brosse

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