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Sociétés

ENTRETIEN-Le marché actions japonais délaissé à tort-Comgest

PARIS, 5 août (Reuters) - Le marché actions japonais a mieux résisté que d’autres à la crise du coronavirus et offre de belles opportunités même si les investisseurs étrangers continuent de le bouder, dit-on chez Comgest.

La gestion de la pandémie par les autorités et le comportement de la population contribuent à expliquer pourquoi l’indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a perdu moins de 5% depuis le début de l’année contre un repli supérieur à 12% pour l’indice large européen Stoxx 600, explique Chantana Ward, gérante actions japonaises pour la société de gestion.

“Le Japon n’a jamais totalement fermé ses activités parce que la loi n’autorise pas le gouvernement à imposer le confinement mais les Japonais sont très disciplinés”, dit-elle à Reuters. “Porter des masques et se protéger est pour eux un geste de base, ce qui explique que le nombre de contaminations soit resté très bas.”

Les sociétés japonaises présentent en outre, dans l’ensemble, des bilans solides et une forte capacité à réduire les coûts, ce qui les rend résistantes en période de crise, poursuit-elle.

“Les gens ne se rendent pas compte à quel point les sociétés japonaises ont assaini leurs bilans, se sont restructurées et ont amélioré leur gouvernance par rapport à il y a 15 ou 20 ans”, dit-elle.

“Si vous regardez les cinq ou six dernières années, la croissance des bénéfices par action des sociétés japonaises cotées a été nettement supérieure à celle des autres marchés.”

L’éloignement de ce marché et sa complexité continuent cependant d’en limiter l’attrait hors de ses frontières, déplore la gérante.

“C’est un marché très intéressant mais qui reste peu suivi et mal compris par les investisseurs étrangers”, résume-t-elle.

LES INVESTISSEURS JAPONAIS REVIENNENT

Les investisseurs domestiques, qui étaient partis investir ailleurs, sont en revanche revenus, souligne Chantana Ward.

“L’énorme fonds de pension japonais GPIF a, par exemple, augmenté son exposition au marché japonais, ce qui a conduit d’autres investisseurs japonais à faire de même et à investir sur les sociétés japonaises de qualité et de croissance avec une bonne gouvernance”, dit-elle.

En cette période de crise, certains secteurs s’en sortent mieux que d’autres, notamment, comme presque partout ailleurs, les acteurs du commerce en ligne.

“Par exemple, Nitori, qui est une enseigne comparable à Ikea, connaît depuis quelques mois une hausse à deux chiffres de son chiffre d’affaires, dans le détail 11% en mars, 47% en juin et 27% en juillet”, pointe Chantana Ward.

“Les distributeurs discount ont également tiré leur épingle du jeu, notamment l’enseigne Kobe Bussan avec des ventes à magasins comparables en hausse de 20% en mai et de 37% en juin et un chiffre d’affaires trimestriel en hausse de 28%.”

Comme ailleurs également, d’autres compartiments ont été durement frappés, à commencer par l’automobile, secteur sur lequel Comgest est peu présent au Japon.

Le fonds Comgest Growth Japan, qui comporte 36 valeurs, affiche une performance de 12% par an depuis trois ans tout en offrant aux investisseurs un accès au yen, dont le profil de valeur refuge n’est plus à démontrer, vante la gérante.

“C’est un marché qui est soumis aux mouvements des hedge funds et peut connaître des fluctuations importantes mais si vous êtes patient, c’est un marché très intéressant avec de très belles sociétés”, dit-elle.

édité par Marc Angrand

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