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International

Liban: Le chef de la diplomatie démissionnaire remplacé par un conseiller du président

Le conseiller diplomatique du président libanais Michel Aoun, Charbel Wehbe, a été nommé lundi ministre des Affaires étrangères du Liban après la démission de Nassif Hitti (en photo), motivée par l'absence de volonté politique de réforme alors que le pays traverse sa pire crise économique depuis la guerre civile des années 1975-1990. /Photo d'archives/REUTERS/Mohamed Azakir

BEYROUTH (Reuters) - Le conseiller diplomatique du président libanais Michel Aoun, Charbel Wehbe, a été nommé lundi ministre des Affaires étrangères du Liban après la démission de Nassif Hitti, motivée par l’absence de volonté politique de réforme alors que le pays traverse sa pire crise économique depuis la guerre civile des années 1975-1990.

“Compte tenu de l’absence de volonté effective de réaliser une réforme structurelle et globale appelée de ses voeux par notre pays et la communauté internationale, j’ai décidé de démissionner”, a écrit le ministre sortant des Affaires étrangères, Nassif Hitti, dans un communiqué.

Le président Michel Aoun et le Premier ministre Hassan Diab ont accepté sa démission et nommé comme nouveau chef de la diplomatie libanaise Charbel Wehbe, 67 ans, conseiller diplomatique du président depuis 2017 et ancien secrétaire général du ministère des Affaires étrangères.

Nassif Hitti, ancien ambassadeur du Liban auprès de la Ligue arabe, avait été nommé ministre des Affaires étrangères en janvier lors de la formation du gouvernement du Premier ministre Hassan Diab, avec le soutien du Hezbollah chiite et de ses alliés.

“J’ai participé à ce gouvernement pour travailler pour un patron appelé le Liban, puis j’ai trouvé dans mon pays plusieurs patrons et des intérêts contradictoires”, déplore-t-il. “S’ils ne s’entendent pas pour sauver le peuple libanais, Dieu nous en préserve, le navire coulera avec tout le monde dessus”, a-t-il expliqué dans son communiqué.

Sa démission est également liée à des divergences avec le chef du gouvernement, en particulier à la suite d’une visite à Beyrouth du ministre des Affaires étrangères français, ont déclaré à Reuters des sources proches du ministère.

Le 23 juillet dernier, Jean-Yves Le Drian avait exhorté les dirigeants libanais à mettre en oeuvre d’urgence des réformes “attendues depuis trop longtemps” afin de bénéficier d’une aide du Fonds monétaire international (FMI), des propos qui avaient été semble-t-il mal accueillis par Hassan Diab.[L5N2F036X]

L’effondrement depuis octobre dernier de la monnaie libanaise a provoqué une crise économique qui a alimenté un mouvement de contestation et de remise en cause des élites, accusées de corruption.

Le Liban sollicite depuis le mois de mai une aide du FMI sur la base d’un plan de sauvetage mis au point par le gouvernement, mais des dissensions internes persistent, notamment en ce qui concerne les pertes à faire assumer au secteur financier et les moyens de les couvrir.

Ellen Francis; version française Claude Chendjou et Myriam Rivet, édité par Jean-Michel Bélot

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