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Sociétés

RPT-3 QUESTIONS À-La BCE à la hauteur de circonstances exceptionnelles-Mirabaud

* Répétition sans changement d’une dépêche diffusée jeudi

PARIS, 5 juin (Reuters) - En annonçant jeudi une augmentation de 600 milliards d’euros du montant de son Programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP), la Banque centrale européenne (BCE) a largement répondu aux attentes des marchés et démontré qu’elle avait pris la mesure de la crise économique exceptionnelle qu’affronte la zone euro, dit à Reuters Valentin Bissat, économiste senior chez Mirabaud.

1/ Les annonces de la BCE sont-elles supérieures aux attentes des marchés ?

Valentin Bissat - “Oui, puisque les marchés s’attendaient à une augmentation de 500 milliards d’euros du Programme d’achats d’urgence pandémique (PEPP) et qu’on est légèrement au-dessus avec 600 milliards. On le voit sur les écarts de crédit, principalement sur la dette de l’Italie et des pays périphériques. On voit que les spreads baissent, ce qui montre que ces annonces sont bien accueillies par les investisseurs.

“On vit une situation extraordinaire avec une croissance européenne qui, selon le scénario central de la BCE - qui paraît même un peu optimiste - pourrait baisser de près de 9% cette année. Ces circonstances exceptionnelles appellent une réponse exceptionnelle à la fois de la BCE et des gouvernements européens et c’est ce à quoi s’attelle la banque centrale actuellement.”

2/ Ces annonces vont-elles profiter à la fois aux marchés d’actions et à l’économie réelle ?

Valentin Bissat - “Sur les actifs risqués, on observe un rebond depuis la fin du mois de mars et notamment depuis deux semaines avec les bonnes nouvelles en provenance de la Commission européenne et dernièrement de l’Allemagne sur le front de la relance budgétaire.

“Les marchés d’actions sont bien soutenus, même s’ils marquent un peu le pas aujourd’hui, mais ce programme de rachats d’actifs va dans la bonne direction. La doctrine actuelle de la Banque centrale européenne est d’intervenir avec force et d’utiliser les ressources qu’elle a à sa disposition pour assouplir les conditions financières et l’économie.

“En ce qui concerne l’économie réelle, ce qui est vraiment important actuellement, c’est cette synchronisation entre la politique de la Banque centrale européenne et les politiques budgétaires. Ce n’était pas le cas ces dernières années et c’est ce que Mario Draghi réclamait avec force pendant sa présidence.

“La Banque centrale européenne va maintenir des conditions financières accommodantes et en parallèle, la Commission européenne semble aller dans la direction d’une relance budgétaire massive, ce qui est nécessaire.”

3/ Christine Lagarde a-t-elle su corriger le tir dans sa communication aux marchés ?

“Ce qui lui avait été reproché principalement dans sa réunion du 12 mars, c’était d’avoir dit que la BCE n’était pas là pour réduire les écarts de rendements sur la dette périphérique. C’était une erreur de sa part mais c’était l’une de ses premières réunions, donc cela peut s’expliquer.

“Il semble en effet maintenant que son discours soit un peu plus rodé et on a l’impression que la réduction des spreads périphériques est vraiment l’objectif de la BCE. Christine Lagarde a donc, en quelque sorte, pris le contre-pied de la petite erreur du début de son mandat.”

Voir aussi :

* La BCE dope son dispositif anti-crise, porté à €1.350 milliards

* Principaux extraits de la conférence de presse de Christine Lagarde

Propos recueillis par Patrick Vignal, édité par Marc Angrand

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