April 21, 2020 / 7:01 AM / 4 months ago

LEAD 2-Coronavirus-PSA prêt à faire face à une demande sinistrée

* CA -15,6% au T1, les volumes éclipsent les prix

* Objectif de marge à moyen terme maintenu, assez de liquidités

* Marché européen désormais attendu à -25% en 2020

* Redémarrage des usines et dividende, deux sujets ouverts (Actualisé avec téléconférence, précisions, commentaire, cours)

par Gilles Guillaume et Sarah White

PARIS, 21 avril (Reuters) - PSA a déclaré mardi que la pandémie de coronavirus se traduirait cette année par un plongeon de la demande, estimant toutefois disposer d’assez de liquidités pour y faire face et de pouvoir ainsi éviter le recours à des aides publiques.

Comme tous les constructeurs automobiles, le groupe a arrêté mi-mars ses usines européennes après les mesures de confinement mises en oeuvre par les Etats, tandis que la fermeture des concessions a arrêté net les ventes de véhicules.

Le constructeur, dont le chiffre d’affaires a reculé de 15,6% à 15,2 milliards d’euros au premier trimestre, n’a pas encore fixé de date pour redémarrer sa production en Europe, refusant de gonfler ses stocks tant que les points de vente n’auront pas rouvert.

PSA, dont 90% des salariés de la branche automobile en Europe sont depuis lundi en chômage partiel - financé en majeure partie par l’Etat en France - n’a pas eu recours pour le moment à d’autres formes d’aide publique.

“Nous voulons que l’entreprise soit aussi libre que possible d’une dépendance publique”, a déclaré le directeur financier, Philippe de Rovira, rappelant que PSA n’avait pas sollicité de crédits garantis par l’Etat.

Le constructeur français a fortement réduit ses coûts dans le marketing, concentrant son budget sur le digital pour s’adresser à des clients confinés à domicile.

Le groupe, qui ne se départit plus de la discipline financière de fer imposée par Carlos Tavares depuis son arrivée en 2014, estime disposer de suffisamment de liquidités pour faire face à des chutes de marché supérieures à 50%.

LA QUESTION SUR LE DIVIDENDE RESTE “OUVERTE”

Grâce à une politique de réduction systématique des coûts et de montée en gamme tirée par ses nouveaux SUV, il est parvenu ainsi à ramener son point mort sous 50%, ce qui signifie qu’il commence à gagner de l’argent à partir de la moitié de ses volumes de ventes.

“La publication du premier trimestre a montré une résilience plus forte que prévu (...) et confirmé son haut niveau de flexibilité sur les coûts”, ont souligné les analystes de Jefferies dans une note au sujet des performances sur les trois premiers mois de l’année.

A 14h44, le titre PSA progressait de 2,87% à 12,00 euros, affichant ainsi la plus forte progression de l’indice CAC 40 , lui même en recul de 3,02%.

Depuis le début de la crise actuelle, le gouvernement exhorte les sociétés qui ont eu recours à des aides publiques à faire preuve de modération sur la rémunération de leurs actionnaires.

Mais pour PSA, tout changement dans le dividende proposé au titre de 2019 compliquerait le projet de fusion avec Fiat Chrysler, puisque les deux sociétés devront approuver toute nouvelle modalité de ce type.

Philippe de Rovira a souligné que la décision restait “ouverte”. Pour tomber à temps pour l’assemblée générale du 25 juin, elle devrait être rendue publique au plus tard mi-mai.

Tirant les conséquences de la crise, PSA a revu en forte baisse ses prévisions de marché pour 2020. Il table désormais sur une chute de 25% - et non plus seulement de 3% - du marché européen où il réalise près de 90% de son chiffre d’affaires après l’échec de son internationalisation en Chine et en Iran.

Le groupe anticipe également une baisse de 20% du marché automobile russe cette année et de 10% du marché chinois.

Malgré cela, le groupe, devenu l’un des plus rentables du secteur après sa quasi-faillite de 2013, a maintenu son objectif moyen terme d’une marge opérationnelle de 4,5% sur la période 2019-21.

Au premier trimestre, seule DS, à la peine depuis plusieurs années tant le lancement d’une nouvelle marque haut de gamme à l’assaut du quasi-monopole allemand est risqué, a tiré son épingle du jeu, à la fois en Europe (+16,8%) comme à l’échelle mondiale (+9,9%). (Edité par Jean-Michel Bélot)

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