April 16, 2020 / 5:59 PM / 4 months ago

LEAD 1-France-Après Toyota, d'autres usines auto pourraient rouvrir d'ici mai

* Toyota redémarrera progressivement l’usine d’Onnaing le 21 avril

* Une reprise est compatible avec la santé des salariés-Pénicaud

* CSE vendredi à Valenciennes sur les nouvelles mesures barrières

* Les discussions avancent chez Renault, mais pas partout-CFDT (Actualisé avec précisions de PSA sur le CSE de Valenciennes)

par Gilles Guillaume

PARIS, 16 avril (Reuters) - Certaines usines françaises de PSA et Renault pourraient redémarrer progressivement leur activité sans attendre la fin annoncée du confinement en mai, si leurs directions parviennent à surmonter les réticences des syndicats, comme a réussi à le faire Toyota à Onnaing (Nord).

Le groupe japonais a annoncé mercredi soir qu’une majorité des organisations syndicales avaient accepté, lors d’un CSE extraordinaire, un plan de reprise progressif du site de production de la Yaris, assorti de mesures sanitaires renforcées, à partir du 21 avril.

Il s’agira de la première usine d’assemblage automobile française à reprendre une activité dans un secteur où la production a cessé net mi-mars face à l’épidémie de coronavirus.

“Je vois qu’il y a déjà cette tendance (...) en aménageant les horaires, en ayant moins d’équipes, ce sera moins rentable, on ne fera pas tout, mais (...) je crois qu’il y a une voie: ce n’est pas choisir ou la reprise d’activité, ou la santé des salariés, c’est les deux à la fois, c’est faisable”, a déclaré jeudi la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur LCI.

DISCUSSIONS SUR UNE REPRISE CHEZ RENAULT ET PSA

Chez PSA et Renault, aucune date de reprise n’est officiellement prévue, ont dit des porte-parole des deux groupes, mais les discussions et les audits vont bon train.

“Nous préparons notre outil industriel pour nous mettre dans les conditions d’un redémarrage, mais sans aucun calendrier”, a indiqué un porte-parole de PSA.

Le groupe assure ainsi qu’aucune date ne sera évoquée vendredi lors d’un CSE de l’usine de boîtes de vitesse de PSA à Valenciennes (Nord), où un premier projet de reprise limitée de l’activité sur la base du volontariat avait été élaboré fin mars, puis abandonné face à l’opposition des syndicats.

L’ordre du jour de la réunion entre la direction et les syndicats ne prévoit qu’une information et consultation sur le protocole de mesures barrières renforcées.

“Chez Renault, le calendrier de reprise reste tributaire du bon déroulement des commissions sanitaires”, souligne de son côté Franck Daout, représentant CFDT, pour qui une reprise d’ici la fin du mois semble un peu serrée.

“Mais certains sites, où le dialogue social est de bonne qualité, sont plus avancés, tandis que sur les sites où le dialogue est dégradé, la question du redémarrage vient exacerber les choses”, ajoute-t-il.

Les usines de Cléon (moteurs), Flins (assemblage des voitures Zoé et Micra) ou Lens (boîtes de vitesse) pourraient ainsi selon lui redémarrer plus facilement que celles de Maubeuge (assemblage du Kangoo) ou Batilly (grands fourgons).

Les protocoles élaborés par les constructeurs automobiles changeront sensiblement les conditions de travail à l’usine et les relations entre les personnes qui y seront présentes.

Ils prévoient notamment le port du masque avec dotation individuelle quotidienne, le respect des distances dans les salles de réunion, à chaque poste ou dans les zones de pause avec marquage au sol et des cendriers individuels pour les fumeurs afin d’éviter les regroupements.

Il est également prévu un nettoyage et une désinfection des outils et des surfaces de travail toutes les 60 minutes, un temps d’attente de trois heures lors de tout échange de pièces de main à main et un allongement des pauses de cinq minutes pour le lavage des mains.

Malgré cela, la CGT juge toujours une reprise de la production fin avril ou début mai prématurée, arguant que les masques nécessaire pour faire fonctionner les usines devraient aller en priorité au système de santé.

Franck Don, représentant CFTC chez PSA, s’étonne pour sa part que l’on fabrique des voitures qui ne pourront être vendues tant que la population restera confinée et les concessionnaires fermés.

Les représentants patronaux de la filière reconnaissent qu’il faudra aussi autoriser le transport des véhicules produits et, dans un second temps, la réouverture des concessions avec des mesures sanitaires inspirées de la grande distribution.

Mais pour eux, la priorité est d’amorcer la pompe pour que la France ne prenne pas de retard. “Chaque jour qui passe, avec un appareil industriel à l’arrêt, amplifie les risques qui pèsent très lourdement sur le tissu industriel et sur l’emploi”, a déclaré le président de la Plateforme de la filière automobile (PFA), Luc Chatel, la semaine dernière.

Renault a d’ores et déjà redémarré sa production au Portugal et en Russie lundi, tandis que Volkswagen et Mercedes-Benz relanceront certaines de leurs usines allemandes la semaine prochaine après assouplissement des règles nationales de confinement. (Avec Marine Pennetier et Gwénaëlle Barzic à Paris, Edward Taylor et Jan Schwarz à Francfort, édité par Jean-Michel Bélot)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below