March 31, 2020 / 4:19 PM / 4 months ago

LEAD 2-Coronavirus-Premier transfert mercredi de patients franciliens en Bretagne

* Deux TGV vont transférer 36 patients vers la Bretagne-DGS

* Troisième transfert de ce type pour soulager les régions les plus touchées

* L’AP-HP teste l’oxygénation de patients à domicile (Actualisé avec déclarations du directeur général de la Santé)

PARIS, 31 mars (Reuters) - Trente-six patients atteints par le coronavirus et hospitalisés en Ile-de-France, région de France la plus touchée avec le Grand-Est et qui s’attend à un “pic” cette semaine, vont être transférés mercredi vers la Bretagne à bord de deux TGV médicalisés, a annoncé mardi le directeur général de la Santé, qui évoque des opérations inédites dans le pays pour des patients en état de réanimation.

Jérôme Salomon a déclaré que “288 patients lourds, graves, nécessitant des soins complexes (avaient été) transférés vers des régions moins en tension”.

“Ce nombre est amené à progresser dans les jours et les semaines qui viennent”, a-t-il dit.

“Je peux d’ores et déjà vous annoncer le départ dès demain de deux TGV médicalisés depuis Paris vers la région Bretagne pour 36 patients graves d’Ile-de-France.”

Pour soulager les services de santé du Grand-Est, “en très forte tension”, et d’Ile-de-France, où “la situation est aussi difficile”, Jérôme Salomon a en outre lancé un appel “au volontariat des professionnels de santé compétents en réanimation, médecins, infirmiers, aides-soignants” pour soutenir les personnels de ces deux régions.

L’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait évoqué auparavant le transfert mercredi de 38 patients, et non 36, vers la Bretagne.

Ni l’AP-HP ni Jérôme Salomon n’ont précisé où seraient accueillis ces patients mais selon France 3 Bretagne, trois hôpitaux bretons seraient concernés - Rennes, Brest et Saint-Brieuc.

Ce transfert est le troisième par TGV depuis le début de l’épidémie de coronavirus qui a fait selon les derniers chiffres fournis mardi 3.523 morts pour un total de 52.128 cas de contamination en France.

Dimanche, 36 patients en réanimation du Grand-Est ont été transportés en TGV médicalisé à Poitiers et à Bordeaux (Nouvelle Aquitaine).

“SOUPAPE DE SÉCURITÉ”

Trois jours plus tôt, un premier transfert avait permis à 20 patients alsaciens atteints par le Covid-19 de rejoindre les hôpitaux d’Angers, Le Mans, Nantes et La Roche-sur-Yon, dans l’ouest de la France.

Le transfert via TGV des patients d’Ile-de-France survient à l’heure où les autorités sanitaires régionales s’attendent à un “pic” de malades qui provoquerait une saturation de ses hôpitaux, où environ 2.000 patients sont en réanimation.

“Ce n’est pas complètement saturé, il y a encore un ou deux lits dans certains services” mais “on n’est plus dans une situation dans laquelle on avait devant nous une marge”, a dit le directeur général de l’AP-HP Martin Hirsch mardi lors d’une conférence de presse.

Dans ce contexte, “les transferts interrégionaux mis en place, notamment ceux de demain, constituent une soupape de sécurité importante même si c’est une proportion limitée de patients”, a souligné à ses côtés Bruno Riou, le directeur médical de crise de l’AP-HP.

Le temps presse, a renchéri Antoine Vieillard-Baron, chef du service de médecine intensive-réanimation de l’hôpital Ambroise-Paré, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine). “On avait 200 malades en réanimation mi-mars, 1.000 le 24 mars et 1.900 aujourd’hui” - pour une durée en moyenne de deux semaines.

“Depuis ce week-end et le début de cette semaine, on est dans la plupart des sites à envisager la réanimation hors des murs” en transformant par exemple des salles de réveil en salles de réanimation, a-t-il ajouté.

Parallèlement, l’AP-HP teste depuis dimanche la possibilité d’oxygénation de patients à domicile sous surveillance médicale à distance. Il s’agit de “commencer à préparer la suite : faire en sorte que des patients puissent sortir de médecine aiguë plus rapidement de sorte à pouvoir en accueillir d’autres, par exemple sortant de réanimation”, a expliqué Martin Hirsch dans les colonnes de Libération. “On teste s’il est possible de suivre leur état de santé et leur niveau de saturation en oxygène à domicile”. (John Irish, Marine Pennetier et Bertrand Boucey, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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