March 23, 2020 / 8:55 AM / 3 months ago

ENTRETIEN MARCHÉS-Un rebond économique au second semestre improbable-Saxo Bank

PARIS, 23 mars (Reuters) - La crise économique mondiale provoquée par l’épidémie de coronavirus sera certainement durable, le rebond anticipé pour le second semestre de cette année par certains analystes paraissant improbable en raison de nombreuses zones d’ombre, dit-on chez Saxo Bank.

Le caractère particulier de la crise sanitaire en cours fait que l’on ne dispose pas de moyens de comparaison, ce qui entretient l’incertitude sur les marchés financiers, a dit à Reuters Christopher Dembik, responsable de la recherche macroéconomique pour la banque danoise.

“Historiquement, une récession touche 60% à 70% des entreprises or là, pour certains pays, en raison des mesures de confinement, on sera pratiquement à 100%”, dit-il.

Dans ces conditions, et en sachant que le virus est loin d’avoir atteint son pic dans certains pays, notamment aux Etats-Unis, la prévision d’un redémarrage de l’activité sur les deux derniers trimestres de l’année paraît peu crédible, selon lui.

“On peut établir des scénarios mais il y a des indicateurs macroéconomiques pour le mois de mars qui vont tomber et qui vont témoigner de l’ampleur du ralentissement”, dit-il.

La Chine renoue certes avec l’activité mais son rebond prendra du temps et risque d’être freiné par la baisse de la demande de ses partenaires commerciaux, ce qui rend probable un plan de relance budgétaire et monétaire massif de la part des autorités chinoises, à l’image de celui qu’elles avaient déployé en 2008-2009, poursuit Christopher Dembik.

“C’est la seule solution aujourd’hui en attendant que la tempête, qui sera certainement longue, passe”, dit-il.

D’autres régions, notamment l’Europe, mettront sans doute davantage de temps à redémarrer, selon lui.

PAS DE REPRISE EN “V”

“On ne peut pas répliquer le modèle chinois à l’échelle mondiale parce que la crise sanitaire n’est pas du tout gérée de la même manière en Europe, par exemple, où les réponses politiques et budgétaires n’ont pas la même ampleur”, fait-il valoir.

Le plan dévoilé pour l’instant pour la zone euro, d’un montant équivalent à 1% du produit intérieur brut (PIB) de l’union européenne, est ainsi notoirement insuffisant, selon lui. Dans ces conditions, il apparaît illusoire d’attendre une reprise en “V”, à savoir un vif rebond suivant immédiatement le point bas de la crise, prolonge l’expert en macroéconomie.

“Notre scénario est celui d’une reprise plus graduelle, à la condition que le marché ne s’effondre pas, ce qui reste une incertitude à ce stade, et d’un redémarrage économique qui sera beaucoup plus lent”, dit-il.

Certaines réponses apportées par les grandes centrales, notamment la décision de la Réserve fédérale d’offrir à plusieurs pays un accès au dollar, étaient nécessaires, juge Christopher Dembik.

L’amplitude des programmes de rachats d’actifs dévoilés un peu partout peut en revanche être matière à débat, selon lui.

Les aspects de cette crise mondiale sont multiples, avec notamment un choc à attendre sur certaines économies émergentes comme le Brésil et l’Afrique du Sud en raison notamment des effets à attendre de l’appréciation du dollar, qui joue à plein son rôle de valeur refuge, ajoute-t-il.

“Avec l’aspect sanitaire et ses retombées économiques, mais également en raison de ce qui se passe sur les marchés, il y a beaucoup trop d’incertitudes pour espérer un rebond sur la deuxième partie de l’année”, résume-t-il. (édité par Marc Angrand)

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