March 9, 2020 / 12:01 PM / 20 days ago

ENTRETIEN MARCHÉS -Le risque de défauts dans le "high yield" en forte hausse-Allianz GI

PARIS, 9 mars (Reuters) - Les très fortes turbulences observées sur les marchés financiers pourraient se traduire par une nette augmentation des défauts d’entreprises européennes dont la dette est classée en catégorie spéculative par les agences de notation (“high yield”), dit à Reuters Vincent Marioni, directeur des investissements crédit Europe chez Allianz GI.

Les indices boursiers européens de référence sont passés lundi en marché baissier (“bear market”), soit une chute supérieure de 20% par rapport à leurs récents plus hauts, sur fond de risques liés à la propagation du coronavirus et à l’effondrement des cours du pétrole .

Dans ce contexte, la santé des entreprises pourrait souffrir, notamment celle des plus endettées, avec une hausse des défauts à prévoir, selon Vincent Marioni.

“Il est top tôt pour le dire parce que le mouvement est extrêmement brutal mais la probabilité augmente fortement, évidemment”, dit-il.

“Quand on regarde les prix aujourd’hui, il y a un certain nombre d’émetteurs qui sont clairement à risque, mais les prix ne veulent pas nécessairement tout dire dans un environnement qui est actuellement très volatil”.

La crise financière qui menace rendra extrêmement périlleuse la tâche des entreprises désireuses de se financer par l’émission de dette, ajoute-t-il.

“Il est clair que le marché est fermé, et pour un temps assez long, pour les entreprises qui ont besoin de se refinancer”, dit-il. “La probabilité de défaut est donc en augmentation mais nous sommes en France et il peut y avoir des plans d’aide gouvernementaux.”

Le secteur parapétrolier est en première ligne avec la chute des cours du brut, qui perdent lundi plus de 20%, mais ce secteur est relativement restreint dans le paysage du “high yield” européen, contrairement aux Etats-Unis, où il occupe une large place, souligne Vincent Marioni.

LE MARCHÉ PARIE SUR UN DÉFAUT DE VALLOUREC

“Il y quelques entreprises, notamment Vallourec et CGG, qui a déjà souffert par le passé dans un contexte de crise”, dit-il.

“Si on prend Vallourec, par exemple, aujourd’hui, dans les prix, c’est 70% de probabilité de défaut.”

En ce qui concerne le risque que fait peser la propagation du coronavirus sur l’économie en général et sur les entreprises en particulier, certains secteurs sont fortement menacés, notamment le compartiment industriel avec en particulier l’automobile mais aussi le tourisme ou encore le secteur parapétrolier, selon Vincent Marioni.

Certaines entreprises majeures contraintes de s’endetter risquent dans ce contexte de quitter la catégorie investissement.

“D’après les indices que l’on regarde, Renault est déjà passé en ‘high yield’”, rapporte l’expert d’Allianz GI.

Le risque de remboursement anticipé exigé par des créanciers auprès d’entreprises qui n’auraient pas respecté leurs engagements (“covenants”) reste limité, selon lui.

“Ce n’est pas un risque pour l’instant mais cela va tellement vite et le mouvement est d’une telle brutalité que l’on n’a pas encore vu de dégradation au niveau opérationnel du côté des entreprises”, dit-il.

Si elle a pu bénéficier aux entreprises dont la dette est classée en catégorie investissement (“investment grade”), la chute des taux ne joue pas en revanche son rôle d’amortisseur pour le “high yield”, qui fait partie des classes d’actifs risquées, ajoute-t-il.

édité par Blandine Hénault

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