January 8, 2020 / 12:10 PM / in 3 months

SYNTHESE-Pas de victimes après les frappes iraniennes, dit Trump, pour qui Téhéran "lâche prise"

(Actualisé avec Trump, réactions, commentaires, sources)

* Une quinzaine de missiles tirés contre les forces US en Irak

* “Aucun Américain n’a été blessé”, dit Donald Trump

* L’Iran et le président américain semblent vouloir éviter la surenchère

par Ahmed Aboulenein, Phil Stewart et Parisa Hafezi

BAGDAD/WASHINGTON/DUBAI, 8 janvier (Reuters) - Donald Trump s’est réjoui mercredi qu’aucun Américain n’ait été blessé par les tirs de missiles iraniens de la nuit précédente en direction de bases situées en Irak, ce qui, selon lui, démontre que Téhéran ne veut pas d’une escalade militaire.

Une quinzaine de missiles balistiques d’après la télévision iranienne - une dizaine selon l’armée américaine - ont été tirés d’Iran aux alentours de 01h30 heure locale en direction de deux bases militaires irakiennes abritant des forces de la coalition sous commandement américain pour venger la mort du général Qassem Soleimani. Le commandant de la force Al Qods, chargée des opérations militaires extérieures de l’Iran, a été tué vendredi par un drone américain, sur ordre de Donald Trump.

“Tous nos soldats sont indemnes et nos bases militaires n’ont subi que des dégâts mineurs”, s’est félicité mercredi le président des Etats-Unis, dans une allocution télévisée à la Maison blanche. “L’Iran semble lâcher prise, ce qui est une bonne chose pour toutes les parties concernées et une très bonne chose pour le monde.”

“Le fait que nous ayons cette formidable armée et ces moyens militaires ne signifie pas que nous devons les utiliser. Nous ne voulons pas les utiliser. La force américaine, tant militaire qu’économique, est le meilleur moyen de dissuasion”, a-t-il souligné, sans brandir de nouvelle menace. A ses côtés se trouvaient le vice-président Mike Pence, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, le secrétaire à la Défense Mark Esper et plusieurs membres de l’état-major.

Le président a exhorté les signataires de l’accord sur le programme nucléaire iranien qui en sont toujours parties prenantes - c’est à dire Chine, Russie, France, Grande-Bretagne et Allemagne - à le dénoncer et à en négocier un nouveau.

Son discours n’a provoqué aucune réaction officielle en Iran, mais l’agence de presse Fars parle d’un “grand revirement” après les menaces.

En Irak, l’imam chiite Moktada Sadr a estimé que la crise était terminée après les déclarations des deux camps.

S’adressant à une foule scandant “Mort à l’Amérique !”, l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution, s’était auparavant félicité d’avoir assené “une gifle en plein visage” aux Etats-Unis.

“Les actions militaires de ce genre ne suffisent pas”, a-t-il poursuivi, jugeant nécessaire de “mettre un terme à la présence corrompue des Etats-Unis dans la région”.

L’OPTION “LA PLUS MESURÉE”

Pour Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne, la République islamique a pris “des mesures proportionnées d’autodéfense”. “Nous ne cherchons ni l’escalade ni la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression”, a-t-il assuré sur Twitter.

Selon des sources gouvernementales américaines et européennes, l’Iran aurait délibérément fait en sorte que les missiles tirés dans la nuit ne fassent pas de victimes dans les rangs américains. Téhéran aurait ainsi cherché à éviter une surenchère militaire tout en affichant sa fermeté.

Un porte-parole de l’armée iranienne cité par Fars a démenti “les informations des médias étrangers” évoquant une forme de coordination entre Téhéran et Washington.

Selon le Pentagone, les missiles se sont abattus sur la base aérienne d’Al Assad, dans l’ouest du pays, et sur une autre installation à Erbil, dans le nord, où sont déployés une partie des 5.000 soldats américains dans le cadre de la lutte contre l’Etat islamique et d’une mission de formation des forces locales. Dans la matinée, la télévision iranienne avait affirmé que 80 “terroristes américains” avaient été tués.

L’armée irakienne a assuré n’avoir subi aucune perte. La France, l’Allemagne, le Danemark, la Norvège et la Pologne ont également assuré qu’aucun membre de leurs contingents en Irak n’avait été blessé.

D’après un conseiller de l’ayatollah Khamenei cité par la télévision publique, la riposte choisie était le “plus mesuré” des scénarios envisagés en représailles à la mort du général Soleimani. Une centaine d’autres cibles potentielles avaient selon lui été définies.

Le commandant de la force Al Qods a été inhumé mardi à Kerman où une bousculade a fait 56 morts dans la foule immense qui s’était rassemblée pour l’occasion. “Il a été vengé et peut maintenant reposer en paix”, disait mercredi un commentateur de la télévision iranienne.

Conséquence des tirs iraniens en Irak, l’administration de l’aviation civile américaine (FAA) a annoncé qu’elle interdirait aux compagnies américaines d’utiliser l’espace aérien de l’Irak, de l’Iran et du golfe d’Oman.

Air France lui a emboîté le pas en annonçant la suspension de tout survol des espaces aériens de l’Iran et de l’Irak.

Dans un incident qui semble pour l’heure sans lien avec les attaques, un Boeing 737 de la compagnie Ukraine International Airlines transportant 176 personnes s’est écrasé mercredi peu après son décollage de l’aéroport international de Téhéran. Tous les passagers et membres d’équipage ont été tués. (Avec Ahmed Aboulenein à Bagdad, Parisa Hafezi et Babak Dehghanpisheh à Dubaï, Phil Stewart, Steve Holland, Jeff Mason et Eric Beech à Washington Version française Marine Pennetier et Jean-Philippe Lefief, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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