January 7, 2020 / 12:13 PM / 2 months ago

GESTION 2020-Attention aux risques inconsidérés sur le crédit-Amundi

PARIS, 7 janvier (Reuters) - L’horizon reste dégagé sur le marché du crédit mais les perspectives à moyen terme sont lourdes de menaces, au premier rang desquelles figure l’endettement élevé des entreprises américaines, dit-on chez Amundi.

Pour l’instant, tout va plutôt bien avec des fondamentaux économiques robustes et des risques à la baisse sur les fronts du commerce et du Brexit, a déclaré Rick Deutsch, responsable de la recherche crédit pour le numéro un européen de la gestion d’actifs, lors d’une conférence organisée mardi à Paris par l’agence de notation Fitch Ratings.

Les grandes banques centrales contribuent à la relative sérénité du climat en maintenant leurs taux à des niveaux très bas et en augmentant la taille de leur bilan, a-t-il ajouté.

L’avenir, cependant, est plus incertain, selon lui.

“Si le cycle du crédit était une journée, il serait trois ou quatre heures de l’après-midi”, a-t-il dit. “Il faut distinguer le temps qu’il fait du temps qu’il va faire. Le soleil ne va pas briller pour toujours”.

La posture accommodante des banques centrales a son revers puisqu’elle favorise l’endettement des entreprises, notamment aux Etats-Unis, a-t-il fait valoir.

“La dette des entreprises américaines croît plus vite que les profits et plus vite que le produit intérieur brut, ce qui n’est pas du tout une bonne tendance”, a-t-il dit.

TENSIONS SUR LE “HIGH YIELD”

La situation est moins préoccupante en Europe, où il est cependant très difficile d’intégrer les risques dans les cours en raison du soutien permanent promis par la Banque centrale européenne, a-t-il poursuivi.

“Il y a un risque de voir se mettre en place une culture de la dépendance aux politiques des banques centrales”, a-t-il dit. “Et s’il y a un problème aux Etats-Unis, il y aura nécessairement une forme de contagion à l’Europe.”

Les bas coûts d’emprunt poussent les entreprises à s’endetter, avec un encombrement de la partie basse de l’échelle du crédit classé en catégorie investissement par les agences de notation (“investment grade”).

S’il ne voit pas de risque immédiat se profiler sur cette classe d’actifs, Rick Deutsch met en garde sur des tensions possibles dans la catégorie inférieure, celle de la dette à haut rendement (“high yield”).

La rareté du rendement dans l’univers obligataire pousse de plus en plus d’investisseurs à s’aventurer dans le crédit de basse qualité, a-t-il souligné.

Un accident conduisant à un réajustement des prix pourrait être lié à l’endettement des entreprises américaines mais aussi à d’autres facteurs comme un ralentissement de la croissance des Etats-Unis, un emballement du conflit commercial avec la Chine ou une détérioration de la consommation, qui résiste pour l’instant à un déclin du secteur manufacturier, a-t-il énuméré.

“Nous ne pensons pas que cela va se passer dans les neuf prochains mois mais nous sommes plus inquiets pour la suite”, a-t-il dit.

Dans ce contexte, Rick Deutsch recommande aux investisseurs de rester investis mais sur un horizon relativement court et en prêtant attention aux fondamentaux des actifs qu’ils achètent.

“Il faut rester sur le marché mais il ne faut pas jouer les héros”, a-t-il conseillé. “Il faut acheter des actifs qui peuvent supporter une marge d’erreur et survivre à un accident de parcours.”

LE POINT sur les perspectives de marché 2020 des gérants et analystes

Patrick Vignal, édité par Marc Angrand

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