January 2, 2020 / 9:04 AM / 16 days ago

LEAD 4-Un mandat d'arrêt international émis contre Carlos Ghosn

* Une notice rouge d’Interpol arrivée à Beyrouth

* Le Liban n’a pas l’habitude d’extrader ses ressortissants

* Sept arrestations en Turquie

* L’ex-patron dit avoir organisé seul son départ (Actualisé avec communiqué de Carlos Ghosn, § 4)

par Samia Nakhoul et Kiyoshi Takenaka

BEYROUTH/TOKYO, 2 janvier (Reuters) - Les autorités libanaises ont reçu d’Interpol un mandat d’arrêt international visant Carlos Ghosn, qui mène une vie de fugitif dans le pays de son enfance depuis son départ surprise du Japon, a-t-on appris jeudi de source judiciaire libanaise.

La “notice rouge” d’Interpol est arrivée sur le bureau des forces de sécurité libanaises mais n’a pas encore été transmise à la justice, selon cette même source.

L’ancien patron de Renault et de Nissan, qui était assigné à résidence au Japon dans l’attente de son procès pour malversations financières, a déclaré mardi ne pas avoir “fui la justice” mais s’être soustrait à un système “partial” et à la “persécution politique”.

Carlos Ghosn affirme avoir organisé seul son départ, sans l’assistance de sa famille, selon un communiqué diffusé jeudi par l’agence chargée de sa communication.

Selon un haut responsable des services de sécurité libanais, il est encore trop tôt pour dire s’il sera convoqué dans le cadre de la procédure d’Interpol mais, quoi qu’il en soit, le Liban ne procède jamais à l’extradition de ses ressortissants.

Dans des cas similaires, les autorités du pays ont l’habitude de confisquer le passeport des suspects faisant l’objet d’une notice rouge, tout en les laissant en liberté sous caution, explique-t-on de source judiciaire.

Beyrouth n’a signé aucun accord d’extradition avec Tokyo.

Carlos Ghosn, qui possède les nationalités brésilienne, libanaise et française, conserve par ailleurs des attaches au Liban, un pays où il dispose de précieux appuis et où il a investi dans une banque, dans l’immobilier et dans un vignoble.

La justice s’intéresse également au cas Ghosn en Turquie, où sept personnes dont quatre pilotes ont été arrêtées dans le cadre de l’enquête sur l’escale que l’ex-patron a effectuée à Istanbul, à bord d’un jet privé, selon une porte-parole de la police turque.

“IL ÉTAIT BOULEVERSÉ”

Deux membres du personnel au sol de l’aéroport par où il a transité de même qu’un employé des services de fret figurent également parmi les personnes arrêtées, selon cette même porte-parole.

D’après la chaîne de télévision turque NTV, un jet privé a décollé dimanche soir de l’aéroport international du Kansai, dans la baie d’Osaka, à destination d’Istanbul.

Sur son site internet, le quotidien Hurriyet, qui cite un responsable du ministère de l’Intérieur, précise que le jet a atterri lundi à 05h30 (02h30 GMT) à l’aéroport Atatürk d’Istanbul où la police aux frontières n’avait pas été informée de l’arrivée de Carlos Ghosn. Son nom ne figure pas sur la liste des entrées et des sorties du territoire turc.

Les données aériennes laissent penser que Carlos Ghosn a emprunté deux appareils différents au départ du Japon puis au départ d’Istanbul.

D’après deux sources dans l’entourage de Carlos Ghosn, une société privée a orchestré sa fuite.

La télévision publique japonaise NHK a rapporté jeudi que les autorités japonaises lui avaient permis de disposer d’un double de son passeport français dans un boîtier verrouillé alors qu’il était placé en résidence surveillée.

Des proches de l’ancien dirigeant, âgé de 65 ans, affirment que celui-ci a pris la décision de quitter le Japon après avoir appris que l’un de ses deux procès avait été reporté au mois d’avril 2021 mais aussi parce que son régime de liberté sous caution lui interdisait d’entrer en contact avec son épouse.

“Il était bouleversé à l’idée de ne pas pouvoir parler à sa femme”, selon l’une de ces sources proches de Carlos Ghosn.

Il aurait notamment demandé à voir ou à parler avec son épouse lors des fêtes de Noël, ce qui lui aurait été refusé.

Arrêté en novembre 2018 et accusé de malversations financières lorsqu’il était à la tête de Nissan, Carlos Ghosn dément ces charges. (Avec Laila Bassam à Beyrouth et Daren Butler à Istanbul version française Henri-Pierre André et Simon Carraud, édité par Jean-Michel Bélot)

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