August 12, 2019 / 4:55 PM / 9 days ago

LEAD 1-Italie-Débat mardi au Sénat sur la date de la motion de censure

(Actualisé avec débat mardi au Sénat)

par Gavin Jones

ROME, 12 août (Reuters) - Le Sénat italien se réunira mardi pour débattre de la date à laquelle sera soumise aux voix la motion de défiance déposée par la Ligue de Matteo Salvini, ont indiqué les présidents des différents groupes parlementaires, lundi.

Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion de ces présidents de groupe qui se sont accordés sur le calendrier des débats consacrés à cette motion.

La question de la mise au vote de cette mesure ne semblait pas faire l’unanimité entre les différentes formations politiques à l’issue de cette réunion.

Le président du Conseil italien Giuseppe Conte a prévu de s’exprimer devant le Sénat la semaine prochaine autour du 20 août.

Salvini, comptant sur une excellente côte de popularité, a fait éclater jeudi dernier la coalition formée il y a quatorze mois avec le Mouvement 5 Etoiles, expliquant que le tandem ne fonctionnait plus.

Le ministre de l’Intérieur réclame des élections législatives anticipées avec l’espoir de pouvoir gouverner seul le pays et son parti la Ligue, formation d’extrême droite, a déposé une motion de censure pour renverser le gouvernement de Giuseppe Conte auquel il appartient.

Comme l’a rappelé la présidente du groupe Parti démocrate (PD, gauche), seul le président de la République, Sergio Mattarella, a le pouvoir de dissoudre le Parlement, et il pourrait être réticent à le faire avant l’adoption du budget pour 2020.

A son arrivée au Sénat lundi matin, visage fermé, Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, n’a fait aucun commentaire avant de s’enfermer avec des sénateurs de son mouvement.

Depuis le coup de force de Salvini, Di Maio accuse son partenaire de coalition de vouloir “mener en bateau” les électeurs italiens.

Dans l’opposition, l’ancien président du Conseil Matteo Renzi, qui ne dirige plus le Parti démocrate mais dont l’opinion pèse toujours, a déploré ce week-end la “folie” du projet de Salvini, soulignant qu’il était selon lui inconcevable d’appeler les Italiens aux urnes alors que le budget 2020 n’a toujours pas été élaboré.

Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, il recommande la formation d’un gouvernement provisoire soutenu par un vaste éventail de partis politiques.

Salvini a réaffirmé de son côté qu’il fallait retourner aux urnes pour “débloquer” l’Italie.

“Plus vite nous voterons, plus vite l’Italie se mettra en mouvement. Qui a peur des élections ?”, déclare-t-il dans un communiqué diffusé lundi.

En position de force dans les sondages, le ministre de l’Intérieur et co-vice-président du Conseil a pris prétexte de l’hostilité du M5S au chantier de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Turin et Lyon - que la Ligue soutient - pour proclamer la fin de la coalition.

Mais jusque dans les rangs “léguistes”, son initiative ne fait pas l’unanimité. En meeting politique dimanche à Syracuse, en Sicile, Salvini a été sifflé et chahuté par une partie de l’assistance. (avec Reuters TV et Isla Binnie Henri-Pierre André pour le service français)

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