August 12, 2019 / 12:05 PM / 2 months ago

Crise politique en Italie: l'opposition au projet de Salvini prend forme

ROME, 12 août (Reuters) - Dans la crise politique déclenchée en Italie par Matteo Salvini, les chefs des groupes politiques du Sénat se réunissent ce lundi pour décider de la date du vote de la motion de censure présentée par la Ligue pour faire chuter le gouvernement et obtenir des élections anticipées.

Le ministre de l’Intérieur a fait éclater la semaine dernière la coalition formée il y a quatorze mois avec le Mouvement 5 Etoiles, expliquant que le tandem ne fonctionnait plus.

Il espère que le vote de sa motion de censure sera programmé dès cette semaine - il faudrait pour cela écourter les congés parlementaires - et que des élections anticipées suivront en septembre.

La conférence des chefs des groupes parlementaires au Sénat a été programmée à 16h00 (14h00 GMT). Il n’est pas certain qu’ils suivront les volontés de Salvini, d’autant que des personnalités du M5S et du Parti démocrate (centre gauche), la principale formation de l’opposition, réclament un front uni contre le patron de la Ligue.

Seul le président de la République, Sergio Mattarella, a le pouvoir de dissoudre le Parlement, et il pourrait être réticent à le faire avant l’adoption du budget pour 2020.

A son arrivée au Sénat lundi matin, visage fermé, Luigi Di Maio, le chef de file du M5S, n’a fait aucun commentaire avant de s’enfermer avec des sénateurs de son mouvement.

Depuis le coup de force de Salvini, Di Maio accuse son partenaire de coalition de vouloir “mener en bateau” les électeurs italiens.

Dans l’opposition, l’ancien président du Conseil Matteo Renzi, qui ne dirige plus le Parti démocrate mais dont l’opinion pèse toujours, a déploré ce week-end la “folie” du projet de Salvini, soulignant qu’il était selon lui inconcevable d’appeler les Italiens aux urnes alors que le budget 2020 n’a toujours pas été élaboré.

Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, il recommande la formation d’un gouvernement provisoire soutenu par un vaste éventail de partis politiques.

Salvini a réaffirmé de son côté qu’il fallait retourner aux urnes pour “débloquer” l’Italie.

“Plus vite nous voterons, plus vite l’Italie se mettra en mouvement. Qui a peur des élections ?”, déclare-t-il dans un communiqué diffusé lundi.

En position de force dans les sondages, le ministre de l’Intérieur et co-vice-président du Conseil a pris prétexte de l’hostilité du M5S au chantier de la ligne ferroviaire à grande vitesse entre Turin et Lyon - que la Ligue soutient - pour proclamer la fin de la coalition.

Mais jusque dans les rangs “léguistes”, son initiative ne fait pas l’unanimité. En meeting politique dimanche à Syracuse, en Sicile, Salvini a été sifflé et chahuté par une partie de l’assistance. (avec Reuters TV et Isla Binnie Henri-Pierre André pour le service français)

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