July 30, 2019 / 9:42 AM / 24 days ago

LEAD 1-France-La croissance ralentit à 0,2% au 2e trimestre

    * Une croissance inférieure aux attentes
    * Mais la France résiste mieux que ses grands voisins
    * L'accélération de la consommation se fait attendre

 (.)
    PARIS, 30 juillet (Reuters) - La croissance de l'économie
française a ralenti au deuxième trimestre sous l'effet d'une
consommation des ménages qui reste poussive, son rebond espéré
avec les gains récents de leur pouvoir d'achat tardant à se
concrétiser.
    L'investissement des entreprises a lui été plus dynamique
que prévu au cours de trois derniers mois mais elles ont préféré
réduire leurs stocks face aux incertitudes sur l'environnement
international.
    Selon la première estimation publiée mardi par l'Insee, le
produit intérieur brut de la deuxième économie de la zone euro a
augmenté de 0,2% sur la période avril-juin. 
    Sa progression s'inscrit en baisse par rapport au premier
trimestre, dont l'Insee a confirmé la marque à +0,3%, et au
dernier trimestre 2018, où elle avait atteint 0,4%.
    Les économistes interrogés par Reuters attendaient un PIB en
hausse de 0,3% pour le deuxième trimestre, tout comme l'Insee
dans sa note de conjoncture de juin. Mais la Banque
de France avait abaissé sa propre projection à 0,2% début
juillet en raison d'une dégradation du climat des affaires
constaté à la fin du printemps dans l'industrie.
    Avec le 0,2% du 2e trimestre, l'acquis de croissance pour
2019, à savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait au
cours des deux prochains trimestres, se situait à 1,0% au 30
juin.
    A ce niveau, une croissance de 0,5% sera nécessaire au cours
des deux prochains trimestres, selon les calculs de Reuters,
pour atteindre l'objectif de 1,4% du gouvernement, alors que
l'Insee ne la voit pas dépasser 0,3% sur chaque période.
    
    ÉCONOMIE RÉSILIENTE
    La différence n'est pas négligeable au moment où le
gouvernement est en quête d'économies pour respecter ses
objectifs de déficit dans le projet de loi de finances 2020 qui
sera présenté fin septembre. 
    "A ce stade, il n'y a pas de raison d'être angoissé sur
notre niveau de croissance", a déclaré la secrétaire d'Etat
auprès du ministre de l'Economie et des Finances Agnès
Pannier-Runacher.
    Interrogée sur LCI, elle s'est félicitée de l'accélération
de l'investissement des entreprises - à +1,2% après +0,7% au 1er
trimestre, soit sensiblement plus que ne le prévoyait l'Insee.
    "Les investissements dans les entreprises progressent, et ça
en règle générale ça appelle les emplois et la croissance
futurs", a-t-elle dit.
    Les économistes de la banque Morgan Stanley soulignent de
leur côté la "résilience de l'économie française en comparaison
du ralentissement plus prononcé chez plusieurs de ses voisins",
Allemagne et Italie en premier lieu, beaucoup plus dépendants de
la demande étrangère.
    La croissance française "autour de 1,2 – 1,3% est sur sa
tendance. Ce sera une bonne performance dans un environnement
international dégradé", estime de même Philippe Waechter,
directeur de la recherche économique d'Ostrum Asset Management.
    Elle évolue actuellement en ligne avec la zone euro, dont le
PIB du 2e trimestre, publié ce mercredi, est attendu lui aussi
en hausse de 0,2% par les économistes.
    
    ACCÉLÉRATION ATTENDUE
    La croissance française a été soutenue ces derniers mois par
une demande intérieure qui reste solide, contribuant
positivement à hauteur de 0,4 point au PIB de la période.
    Mais la production manufacturière s’est davantage repliée
que prévu et le déstockage des entreprises a été plus important,
celui-ci contribuant négativement pour 0,2 point au PIB,
souligne Julien Pouget, chef du département conjoncture de
l'Insee, sur son compte Twitter.
    La consommation des ménages a elle aussi été inférieure aux
attentes et ne doit, comme au premier trimestre, son évolution
positive qu'aux dépenses en services, qui représentent un peu
plus de la moitié du total.
    L'utilisation des gains de pouvoir d'achat (avec une hausse
attendue de 2,5% en 2019) liés notamment aux mesures de soutien
décidées fin décembre par le gouvernement en réponse au
mouvement des "Gilets jaunes" reste une question en suspens. 
    La forte collecte enregistrée sur des placements comme le
livret A et l'assurance vie au premier semestre laisse penser
qu'elle s'est surtout traduite pour l'instant par une hausse du
taux d'épargne des ménages.  
    Mais le redressement continu de la confiance des ménages
constaté par l'Insee ces derniers mois et l'atténuation de leurs
craintes concernant l'évolution du chômage fait
dire aux économistes que l'accélération attendue de la
consommation finira par se produire, avec en outre le bénéfice
de la baisse de l'impôt sur le revenu programmée pour l'an
prochain.
    En attendant, la bonne surprise est venue de la résistance
affichée par les investissements des particuliers,
essentiellement sous forme d'achat de logements neufs, qui ont
progressé de 0,1% sur les mois du printemps là où l'Insee les
voyait reculer de 0,3%.
     
    Le communiqué intégral sur le site de l'Insee here.
    
 Le point sur la conjoncture française          
 Les chiffres clés de l'économie        tmsnrt.rs/2B7G9qP
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Marc Joanny)
  
0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below