July 25, 2019 / 10:36 AM / 3 months ago

LEAD 1-Craintes accrues de récession en Allemagne après l'indice Ifo

(Actualisé avec précisions, contexte et commentaires d’analystes)

par Michael Nienaber

BERLIN, 25 juillet (Reuters) - Le moral des entreprises allemandes s’est dégradé plus fortement que prévu en juillet, retrouvant son plus bas niveau depuis plus de six ans, selon une enquête publiée jeudi qui tend à confirmer que la crise du secteur manufacturier entraîne la première économie d’Europe vers la récession.

L’indice du climat des affaires de l’institut d’études économiques Ifo est ressorti en baisse pour le quatrième mois d’affilée, à 95,7, au plus bas depuis avril 2013, contre 97,5 en juin. Il était attendu à 97,1.

“L’indicateur économique allemand le plus important suggère que l’économie allemande s’oriente vers une récession”, souligne l’analyste de VP Bank, Thomas Gitzel.

Le produit intérieur brut (PIB) de l’Allemagne est largement attendu en contraction au deuxième trimestre après une croissance solide au premier (+ 0,4% d’un trimestre sur l’autre). Un second trimestre de contraction consécutif ferait entrer le pays en récession.

“L’économie allemande navigue en eaux troubles”, a déclaré Clemens Fuest, président de l’institut Ifo, dans un communiqué, ajoutant que les entreprises sont moins satisfaites de leur situation actuelle et voient l’avenir avec scepticisme.

CHUTE LIBRE

“Dans le secteur manufacturier, le climat des affaires est en chute libre”, dit-il, le sous-indice de la production de biens affichant son plus net recul depuis février 2009.

Cet indicateur, au lendemain d’un indice PMI d’activité montrant une aggravation de la récession dans le secteur manufacturier, est de mauvais augure pour une économie allemande très dépendante des exportations, qui a été fortement affectée par le ralentissement de la demande mondiale, les conflits commerciaux et l’incertitude autour du Brexit.

L’économiste de l’Ifo, Klaus Wohlrabe, a dit à Reuters que la récession manufacturière s’étendait à l’industrie en général.

“La consommation privée reste solide mais la croissance de l’emploi continue à faiblir”, dit-il, ajoutant que la demande intérieure devrait néanmoins constituer un rempart contre les vents contraires liés au commerce dans les mois à venir.

“Toutefois, aucune amélioration majeure n’est attendue au deuxième semestre non plus. Parce qu’avec Boris Johnson et son gouvernement, nous avons une probabilité accrue d’un Brexit dur.”

Les exportateurs allemands craignent aussi d’être affectés par les tensions entre les Etats-Unis et la Chine. La menace du président américain Donald Trump d’imposer des droits de douanes plus élevés sur les voitures européennes les inquiète également.

“L’Allemagne est dans une zone grise entre un ralentissement marqué et une récession”, dit l’économiste de Commerzbank, Jörg Krämer, qui ajoute que l’Ifo sera pris en compte dans le débat sur la réaction que doit avoir la Banque centrale européenne.

“La BCE devrait très probablement considérablement assouplir sa politique monétaire, sinon aujourd’hui, du moins au plus tard d’ici septembre”, a-t-il estimé alors que le comité de politique monétaire de la BCE se réunit ce jeudi.

Tableau: (Michael Nienaber, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Tangi Salaün)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below