July 18, 2019 / 9:49 AM / 4 months ago

LEAD 2-Défiance et détermination au G7 Finances face au projet Libra

(Actualisé avec déclarations supplémentaires)

CHANTILLY, Oise, 18 juillet (Reuters) - Les grands argentiers du G7 ont affiché jeudi leur volonté de ne pas permettre au projet de “cryptomonnaie stable” Libra de Facebook de se concrétiser tant qu’un cadre réglementaire n’aura pas été défini pour cet instrument d’ampleur potentiellement systémique.

Mais au-delà de cette détermination à agir rapidement pour contrer les ambitions du groupe de Mark Zuckerberg, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus riches du monde réunis mercredi et jeudi à Chantilly (Oise) sont restés évasifs sur les moyens d’y parvenir.

Les participants à la réunion de Chantilly ont reconnu que les projets de “stable coins” (“cryptomonnaies stables”) de type Libra soulignaient la nécessité “d’améliorer sensiblement les systèmes de paiements transfrontaliers” mais ils se sont accordés sur les “graves préoccupations” réglementaires, systémiques et politiques soulevées par de telles initiatives, est-il précisé dans le résumé des discussions publié jeudi par la présidence française du G7 Finances.

“Un projet comme Libra pose de sérieuses difficultés, des difficultés techniques et des difficultés politiques”, a souligné le ministre français de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, lors d’une conférence de presse organisée à l’issue des deux demi-journées de discussions.

“Il y a donc aujourd’hui un consensus des membres du G7 pour agir rapidement sur ce sujet”, a-t-il expliqué.

Pour le ministre français, alors que l’ensemble des acteurs financiers sont soumis à des règles sur la protection des consommateurs, la lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, le projet Libra “n’a présenté aucune disposition pour respecter ces règles qui s’appliquent à toutes les monnaies souveraines de la planète”.

Le groupe de travail sur l’évaluation des risques et les modalités d’encadrement des “stable coins” mis sur pied à la demande de la présidence française du G7 Finances a lui aussi souligné, dans un résumé du rapport préliminaire présenté aux participants à la réunion de Chantilly, les “risques sérieux” associés à ces nouveaux instruments.

TRAVAIL SIGNIFICATIF

Aucune autorisation par les autorités compétentes ne pourra être accordée sans un travail significatif de la part des développeurs de “cryptomonnaies stables”, qui devront se montrer plus transparents et fournir des informations plus détaillées afin de permettre une évaluation adéquate, est-il indiqué dans le compte rendu de la séance de discussions sur ce thème au G7 Finances.

Le groupe de travail présidé par Benoît Coeuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), va poursuivre ses travaux en vue de présenter un rapport final d’ici aux assemblées générales de la Banque mondiale et du FMI à l’automne à Washington.

Benoît Coeuré “fera des propositions concrètes dès cet automne au sein du G7 pour encadrer cette proposition Libra et formuler des propositions plus globales sur les systèmes de paiement”, a déclaré Bruno Le Maire.

Facebook a dévoilé le 18 juin son projet de “cryptomonnaie stable” Libra, qui doit lui permettre de s’imposer dans les paiements, les services financiers et le commerce en ligne dans le monde entier à partir des utilisateurs de ses différents réseaux sociaux.

Cette monnaie virtuelle, non adossée à des Etats ou à des banques centrales et dont le lancement est prévu pour 2020, sera gérée par une association composée d’entreprises, d’organisations à but non lucratif et d’institutions universitaires.

Ce projet a depuis fait l’objet de nombreuses critiques de la part des responsables politiques et des régulateurs financiers, qui craignent une adoption généralisée par les 2,38 milliards d’utilisateurs de Facebook, une perspective susceptible de menacer la stabilité du système monétaire international voire même la souveraineté de certains pays. Les responsables politiques craignent également de voir des géants du numérique disposant d’une capitalisation parfois supérieure à la richesse de certains pays empiéter sur les prérogatives des Etats.

“Nous refusons l’émergence d’Etats privés qui auraient les mêmes privilèges que les Etats sans les contrôles qui vont avec, sans les obligations qui vont avec”, a prévenu Bruno Le Maire. (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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