July 12, 2019 / 4:11 PM / 3 months ago

LEAD 1-Vivarte devrait passer dans les mains de ses nouveaux créanciers

* Le groupe ne peut honorer le paiement de sa dette

* Minelli n’a pas trouvé de repreneur

* Un transfert de titres devrait avoir lieu vers les créanciers

* Un Ebitda 2018-2019 d’environ 54 mlns d’euros (Actualisé avec détails, déclarations du président)

par Pascale Denis et Benjamin Mallet

PARIS, 12 juillet (Reuters) - Vivarte ne pourra pas honorer le paiement de sa dette en octobre et devrait donc voir ses nouveaux créanciers prendre le contrôle de l’entreprise à la place de ses anciens actionnaires.

Le propriétaire de la Halle, qui a perdu 30 millions d’euros de chiffre d’affaires en raison de la crise des “Gilets jaunes”, n’a pas trouvé de repreneur jugé satisfaisant pour son enseigne de chaussures Minelli, alors que l’opération devait lui permettre de rembourser une partie de sa dette renégociée et ramenée à 572 millions d’euros à la fin 2017.

“Vivarte ne pourra pas honorer son échéance d’octobre, qui était d’un montant initial de 300 millions et dont 200 millions ont été remboursés grâce aux cessions”, a déclaré vendredi à Reuters Patrick Puy, président du groupe.

La dette brute de Vivarte totalise aujourd’hui 460 millions d’euros et sa trésorerie 160 millions.

En conséquence, le groupe a proposé à ses créanciers et ses actionnaires d’activer un mécanisme de fiducie - c’est-à-dire de transfert de propriété - qui, s’il est accepté, verrait les “nouveaux” créanciers récupérer le capital détenu par les “anciens”, à savoir les fonds qui avaient transformé leur dette en capital en 2014.

A l’issue de cette opération, les “anciens” actionnaires perdraient leurs titres, pour un montant qui n’est pas rendu public.

Si ce plan était validé - seul un vote à l’unanimité des créanciers peut empêcher une fiducie - l’opération devrait intervenir au début du mois de septembre et voir les fonds Hayfin et Anchorage - déjà présents au capital - devenir les principaux actionnaires de l’entreprise.

“A cette échéance, Vivarte n’aurait plus de dette. Elle pourrait investir, notamment dans la rénovation de ses magasins ou dans l’informatique”, a indiqué Patrick Puy, se disant confiant dans le potentiel de développement de l’entreprise.

Vivarte a enregistré ces deux dernières années une croissance de son résultat opérationnel mais son résultat net est resté négatif sur l’exercice 2018 clos fin août.

Pour l’exercice en cours, le groupe devrait voir son chiffre d’affaires reculer de 3% à 1,4 milliard d’euros et son Ebitda (excédent brut d’exploitation) être proche des 54 millions de l’exercice précédent, a ajouté le dirigeant.

Il a par ailleurs, dans une interview aux Echos, jugé “très élevée” la probabilité que les enseignes Cosmoparis et San Marina soient cédées “dans de bonnes conditions”, ajoutant qu’un accord pourrait être signé en septembre pour une clôture des opérations en décembre.

En grande difficulté financière il y a quelques années, plombé par une lourde dette héritée de LBO (rachats avec effet de levier) successifs, le groupe autrefois propriétaire d’une quinzaine d’enseignes a enchaîné les restructurations et les cessions d’actifs (André, Kookaï, Chevignon, Pataugas, Besson) au cours des dernières années, pour être finalement quasiment démantelé. (Avec Benjamin Mallet, édité par Cyril Altmeyer)

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