July 12, 2019 / 11:01 AM / 4 months ago

ECLAIRAGE-Les PME de l'aéronautique poussées à s'unir pour mieux recruter

* De nouvelles fusions-acquisitions à attendre

* Besoins en recrutements accrus pour servir les avionneurs

* Recherche “geeks” pour répondre à l’industrie 4.0

par Cyril Altmeyer

PARIS, 12 juillet (Reuters) - Les équipementiers aéronautiques de petite et moyenne taille vont s’internationaliser, voire fusionner entre eux, pour parvenir à recruter la main-d’oeuvre nécessaire afin de suivre l’accélération des cadences de production des constructeurs, estiment des experts et des dirigeants du secteur.

Airbus compte livrer 63 monocouloirs par mois de la famille A320 mi-2021, contre 60 cet été, avec en ligne de mire, selon certaines sources, un objectif de 75 par mois à moyen terme.

“Compte tenu de leur carnet de commandes, les avionneurs aimeraient bien aller plus vite mais forcément la chaîne des fournisseurs doit suivre, ce qui n’est pas évident”, souligne Gaël Lamant, associé responsable du secteur industrie au sein du cabinet d’audit-conseil Mazars.

“L’une des conséquences est que l’on doit s’attendre à des mouvements de consolidation dans le secteur des équipementiers”, ajoute-t-il.

Face l’émergence de mastodontes, comme l’américain United Technologies qui prévoit de fusionner sa division aéronautique avec Raytheon, les PME du secteur vont devoir surfer sur une nouvelle vague de consolidation qui va toucher des groupes plus gros qu’eux, soulignent les experts du secteur.

“Un grand nombre d’équipementiers français de taille intermédiaire continuent à prendre des parts de marché et à étoffer leur gamme de services et complètent leur portefeuille aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis”, dit Matthieu Lemasson, associé responsable de l’aéronautique, la défense et la sécurité chez PwC France.

“D’autres, plus importants, étudient de nouveaux rapprochements, s’estimant être marginalisés par les ‘majors’ du secteur aux Etats-Unis qui continuent à se renforcer. Il devrait donc y avoir des mouvements dans les 18-24 mois”, poursuit-il.

FAVORISER LA DIVERSITÉ

La question de la taille va devenir d’autant plus cruciale pour les PME qu’elles ne bénéficient pas du même potentiel d’attraction auprès des ingénieurs que se disputent les équipementiers de l’aéronautique et d’autres industries.

L’analyse de données avec des “data scientists”, la sécurité informatique, la robotique et la fabrication additive (basée sur l’impression 3D) créent des besoins supplémentaires dans le secteur aéronautique face aux géants du numérique.

“L’image de l’industrie traditionnelle n’est pas forcément un atout vis-à-vis des profils un peu ‘geeks’”, note Gaël Lamant de Mazars.

En France, l’aéronautique employait 180.000 personnes en janvier 2019, en majorité chez les équipementiers, selon les dernières données disponibles du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas), lequel prévoit 15.000 recrutements en 2019 contre 10.000 en 2014.

“Les équipementiers de taille intermédiaire comprennent de plus en plus que le bonheur est dans la diversité”, observe Matthieu Lemasson, citant l’embauche croissante de femmes et de jeunes diplômés d’écoles formant aux technologies liées à l’”industrie 4.0” basée sur l’essor du numérique.

Figeac Aero, équipementier important d’Airbus, a formé 1.200 personnes à Figeac (Lot), ville de moins de 10.000 habitants, et entend bien faire de sa différence un atout dans son internationalisation.

“Cette culture nous sert bien quand on ouvre des usines dans des régions du monde où il y a (...) le niveau de formation théorique de beaucoup d’ingénieurs et de techniciens supérieurs, comme en Roumanie ou en Tunisie, mais pas le savoir-faire que nous avons à Figeac”, assure Jean-Claude Maillard, fondateur et PDG du groupe.

Au Québec, Aéro Montréal, centre de coordination des acteurs du secteur aérospatial de la province canadienne, a poussé un peu plus loin la logique avec un programme permettant de regrouper deux ou trois PME pour partir ensemble à la conquête de marchés à l’international.

“Elles sont trop petites et le fait de les faire travailler en équipes leur permet d’avoir une plus grande force de frappe”, explique Suzanne Benoît, PDG d’Aéro Montréal. “Et déjà on a décroché des contrats ailleurs dans le monde.” (Cyril Altmeyer, édité par Bertrand Boucey)

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