July 2, 2019 / 4:56 PM / 2 months ago

Carney (BoE)-Commerce et Brexit sont des risques, pas des certitudes

BOURNEMOUTH, Angleterre, 2 juillet (Reuters) - Le gouverneur de la Banque d’Angleterre (BoE), Mark Carney, a déclaré mardi qu’une guerre commerciale mondiale et une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne sans accord négocié étaient de plus en plus probables mais n’étaient pas certaines, ajoutant que la banque centrale se déterminait d’abord en fonction des perspectives d’inflation à moyen terme.

Il a ajouté qu’à ses yeux, la croissance sous-jacente de l’économie britannique était actuellement inférieure à son potentiel et très dépendante de la capacité de résistance de la consommation des ménages.

Le discours de la BoE consiste pour l’instant à dire que les taux d’intérêt devront monter de manière graduelle et limitée si la Grande-Bretagne parvient à sortir de l’UE dans le cadre d’un accord négocié afin de limiter l’impact économique du Brexit.

Mark Carney a reconnu que cette position était différente de celle qui prédomine sur les marchés financiers et qui conduit les investisseurs à n’anticiper aucune hausse de taux dans les prochains mois, certains allant jusqu’à intégrer l’hypothèse d’un assouplissement de la politique monétaire.

Le gouverneur a dit que la banque centrale prenait comme hypothèse de travail la capacité du prochain Premier ministre, quel qu’il soit, à parvenir à l’objectif affiché d’un accord avec l’UE.

Mais les deux candidats à la succession de Theresa May, Boris Johnson et Jeremy Hunt, se sont dits prêts à une sortie sans accord si nécessaire, ce qui a fait baisser la livre ces dernières semaines.

“LA QUALITÉ DE LA CROISSANCE MONDIALE S’EST DÉTÉRIORÉE”

“Au Royaume-Uni, la conjonction d’une situation initiale relativement solide, incluant un marché du travail tendu et une inflation correspondant à l’objectif, et de la perspective d’un éclaircissement à brève échéance de la future relation entre le Royaume-Uni et l’UE plaide pour privilégier la dynamique inflationniste à moyen terme”, a dit Mark Carney.

Il a aussi jugé que “la qualité de la croissance mondiale s’est détériorée”.

“Dans l’ensemble du G7, le taux de croissance de l’investissement des entreprises a été pratiquement divisé par deux depuis son pic de la fin 2017, rendant l’expansion mondiale plus dépendante des dépenses de consommation et réduisant sa capacité de résistance”, a-t-il dit.

Le gouverneur de la BoE a aussi noté que les marchés financiers avaient nettement modifié leurs anticipations en matière d’évolution des taux d’intérêt américains pour intégrer des baisses face aux incertitudes.

“Dans certaines juridictions, l’impact pourrait nécessiter une réponse politique à court terme afin d’assurer le maintien de l’expansion”, a-t-il dit.

“Les marchés intègrent actuellement un soutien nettement supérieur, ce qui suggère un pessimisme accru sur l’évolution du commerce international, ainsi que des inquiétudes potentielles sur l’absence de pressions inflationnistes.”

Son discours a fait nettement reculer la livre sterling face au dollar comme à l’euro et les rendements des emprunts d’Etat britanniques: celui des “gilts” à dix ans est tombé à 0,73%, passant sous le taux directeur de la BoE (fixé à 0,75%) pour la première fois depuis près de dix ans, selon les données Tradeweb.

William Schomberg et Andy Bruce; Marc Angrand pour le service français

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