July 2, 2019 / 1:06 PM / 3 months ago

Gucci ouvre son magasin de haute joaillerie sur la place Vendôme

* Gucci veut rentrer dans l’univers du très grand luxe

* Un segment porteur et encore peu encombré

par Pascale Denis

PARIS, 2 juillet (Reuters) - Gucci a fait son entrée mardi dans le cénacle des joailliers de la place Vendôme avec l’ouverture d’une boutique dédiée à des bijoux d’exception visant à faire entrer la griffe de mode dans l’univers du très grand luxe.

Forte d’une croissance hors norme depuis deux ans, le principal centre de profit du groupe Kering entend, après Chanel et Dior (propriété de LVMH), faire sa place aux côtés des joailliers historiques que sont Cartier, Van Cleef & Arpels (groupe Richemont) ou Boucheron (également détenu par Kering).

Louis Vuitton (groupe LVMH) a lui aussi franchi le pas, en 2012 en ouvrant une boutique sur la célèbre place, transférée par la suite dans un immense magasin de la marque située à quelques pas.

Kering ne cache pas son ambition d’accélérer la cadence dans un secteur porteur, dont la croissance annuelle est estimée aux environs de 7% par an par le cabinet Bain & Co, tirée notamment par les nouvelles et nombreuses fortunes asiatiques.

Le groupe y alloue d’ailleurs d’importants investissements. L’hôtel de Nocé, siège historique de Boucheron situé sur la place, vient d’être entièrement rénové.

Gucci, qui vendait déjà des bijoux en or entre 1.500 et 2.000 euros, propose ici plus de 200 pièces de haute joaillerie inspirées du bestiaire mythologique ou du jardin d’Eden, mêlant diamants et pierres de couleur présentées dans des vitrines en ébène tendues de soie vert d’eau.

Les bijoux sont dessinés par Alessandro Michele, artisan du renouveau créatif et du succès foudroyant de Gucci auprès des jeunes générations, et fabriqués dans des ateliers italiens.

Les prix vont de 50.000 à 800.000 euros.

SEGMENT ATTRACTIF

“La joaillerie est un segment attractif et encore peu exploité”, souligne Luca Solca, analyste de Bernstein.

La part de marché détenue par les grands noms de la joaillerie est estimée par les industriels à moins de 20% des ventes totales du secteur.

Pour les marques de mode qui se sont lancées dans la joaillerie, le gros de leurs revenus reste toutefois tiré par les bijoux en or, la petite joaillerie et les bijoux fantaisie.

Le secteur reste dominé par Cartier, détenu par Richemont, et dont les ventes sont estimées aux environs de 5,0 milliards d’euros, devant l’américain Tiffany (4,4 milliards de dollars) et l’italien Bulgari, propriété de LVMH (autour de 2,5 milliards d’euros).

Avec des ventes estimées à quelques centaines de millions d’euros, la joaillerie de Louis Vuitton et Boucheron arrive loin derrière.

Après deux ans d’une croissance exceptionnelle de 45% en 2017 et 37% en 2018, Gucci a décéléré au premier trimestre 2019, tout en signant encore une croissance de 20% largement supérieure à celles de ses concurrents.

Le pôle montres-joaillerie de Kering, qui compte, outre Boucheron, les marques horlogères Ulysse Nardin et Girard-Perregaux ainsi que les bijoux Pomellato, Dodo et Queelin, constitue la plus petite des divisions du groupe Kering.

Ses chiffres ne sont pas rendus publics. (Pascale Denis, édité par Catherine Mallebay-Vacqueur)

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