June 21, 2019 / 7:36 AM / in 2 months

Salvini menace de démissionner si les impôts ne baissent pas-presse

ROME, 21 juin (Reuters) - Matteo Salvini, l’un des deux vice-présidents du Conseil italien, quittera le gouvernement à moins qu’il ne réussisse à faire accepter au moins 10 milliards d’euros de réductions d’impôts, écrit vendredi le Corrierre della Sera.

Rome négocie avec Bruxelles afin d’éviter une procédure de déficit excessif déclenchée par le gonflement de la dette nationale.

Enhardi par les prestations de son parti, la Ligue (extrême droite), aux élections européennes et locales, Salvini a fait de la réduction de la dette l’une des priorités du gouvernement.

“Le problème est qu’on ne peut pas parler sérieusement d’une réduction des impôts à moins de 10 milliards d’euros”, dit Salvini au quotidien italien.

“Il faut à l’Italie une réforme fiscale audacieuse et mon devoir est de la faire aboutir (...) dans le cas contraire, je prendrai congé”.

Le gouvernement, formé par la coalition de la Ligue et du parti populiste Mouvement 5 Etoiles, veut absolument réduire les impôts dans l’espoir de relancer une croissance anémique.

Si la perspective de pouvoir réduire le déficit budgétaire cette année grâce à une meilleure gestion des dépenses lui convient, Salvini n’en ajoute pas moins: “Les carcans à l’avenir ça suffit! Étrangler la croissance, ça suffit!”.

Rome compte réaliser au moins trois milliards d’euros d’économies cette année pour ramener le déficit budgétaire à 2,1%-2,2% du produit intérieur brut (PIB) contre 2,4% actuellement.

Mais des sources gouvernementales ont dit à Reuters que c’était surtout 2020 qui posait problème à la Commission européenne.

Dans un entretien publié vendredi par le quotidien Il Messagero, le président du Conseil Giuseppe Conte observe qu’on en saura plus dans les jours qui viennent si Bruxelles veut également des engagements sur le budget de 2020.

Rome a également promis d’éviter de recourir à une hausse de la TVA qui rapporterait 23 milliards d’euros de recettes supplémentaires l’an prochain.

Conte ajoute que le gouvernement italien n’est pas d’accord avec les prévisions de croissance de l’Union européenne (UE) et ne prendra aucune décision d’ordre budgétaire fondée sur ces dernières.

Il a également bon espoir d’épargner à l’Italie une procédure disciplinaire.

“Il faut respecter les règles mais je conteste les prévisions de croissance (de la Commission européenne) parce que j’ai les chiffres; la mise-à-jour budgétaire (que le gouvernement présentera mercredi) contiendra ces chiffres”, dit Conte.

“Pour ce qui concerne les règles, il y a une dimension politique et je veux pouvoir en discuter (...) Je n’ai jamais cru à une procédure disciplinaire et je continue à ne pas le croire”.

La dette publique italienne a atteint 132,2% du PIB l’an dernier et pourrait encore augmenter à 133,7% cette année et 135,2% en 2020, selon les dernières prévisions de la Commission européenne. (Valentina Za Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Nicolas Delame)

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