June 6, 2019 / 4:22 PM / 4 months ago

France-Les urgentistes manifestent, Buzyn lâche du lest sans convaincre

PARIS, 6 juin (Reuters) - Les urgentistes en grève depuis plus deux mois pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail ont appelé jeudi à amplifier le mouvement face aux réponses “insuffisantes” du gouvernement.

Des personnels venus de toute la France ont manifesté à Paris pour marquer le “Desolation Day des urgences”, le jour des commémorations du “D-Day” en Normandie, et réclamer des mesures (augmentations salariales, hausses d’effectifs...) à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, dont il dénonce la “surdité”.

“Agnès réveille-toi ou remplace-moi”, pouvait-on lire sur une pancarte dans le cortège parisien, ou encore “Urgences saturées, patients en danger”, “Urgences en souffrance”.

Des urgentistes, femmes et hommes, se sont mis en sous-vêtements devant le ministère de la Santé en clamant “On nous fout à poil”, d’autres se sont allongés sur la chaussée pour un “die in”, simulant la mort.

Une délégation a été reçue au cabinet d’Agnès Buzyn mais est ressortie déçue, expliquant n’avoir obtenu “aucune réponse satisfaisante”. “On n’a rien, on appelle le mouvement à prendre plus d’ampleur”, a dit l’un de ses membres.

Selon le collectif “Inter-urgences”, qui fédère les personnels en grève, 80 services sont actuellement en grève.

La ministre avait pourtant changé de ton jeudi matin devant un parterre de médecins réunis à Paris pour le congrès des urgentistes, assurant entendre et comprendre la colère.

“Les urgences sont en détresse, je le sais. (...) Ces difficultés de votre quotidien, je ne les regarde pas avec une distance froide de gestionnaire”, a notamment déclaré Agnès Buzyn.

“Votre quotidien est devenu insupportable pour beaucoup d’entre vous”, a-t-elle souligné.

La ministre a annoncé son intention de définir “une stratégie d’ensemble pour les urgences”. Une mission sera confiée au Conseil national de l’urgence hospitalière (CNUH) et au député (LaRem) Thomas Mesnier, auteur d’un rapport sur la prise en charge des soins non programmés.

Des propositions “concrètes” sont attendues à l’automne.

La ministre de la Santé a également souhaité “accompagner sur un plan financier plus directement et plus spontanément les établissements qui font face à un surcroît d’activité et à des afflux exceptionnels.” Elle n’a toutefois pas donné de précisions chiffrées.

Elle a demandé que les employeurs soient “sensibilisés” aux primes existantes, notamment la prime modulable de risque qui représente près de 100 euros brut par mois. “Cette prime n’est pas portée partout à son juste niveau”, a estimé la ministre. (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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