May 29, 2019 / 3:27 PM / in 4 months

LEAD 1-La BCE agira si le ralentissement persiste, dit Olli Rehn

* La BCE prête à utiliser tous les instruments disponibles

* Le passage à vide n’est pas forcément durable

* Rehn exclut une garantie de la BCE pour les dettes publiques (Actualisé avec nouvelles citations et contexte)

par Marc Jones et Dhara Ranasinghe

LONDRES, 29 mai (Reuters) - La Banque centrale européenne est prête à prendre de nouvelles mesures de soutien monétaire en cas de besoin, a déclaré mercredi Olli Rehn, l’un des membres de son Conseil des gouverneurs, avant de rejeter les appels de l’Italie à une garantie par la BCE des obligations émises par les Etats de la zone euro.

S’exprimant lors d’une conférence organisée par Breakingviews, une filiale de Reuters News, le gouverneur de la banque centrale finlandaise a expliqué que la BCE étudierait les options à sa disposition lors de sa réunion monétaire la semaine prochaine, à l’occasion de laquelle elle doit publier de nouvelles prévisions de croissance et d’inflation.

“Nous observons un passage à vide de l’économie et nous sommes en train d’étudier s’il s’agit d’un simple passage à vide ou davantage d’un ralentissement économique de longue durée”, a-t-il ajouté en évoquant l’impact du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine sur la confiance des entreprises et des ménages.

“Si la situation tourne mal et si nous sommes confrontés à une récession, nous sommes prêts à utiliser tous les instruments”, a-t-il assuré.

Si la BCE ne privilégie pas pour l’instant le scénario d’une récession dans la zone euro, un degré élevé de soutien par la politique monétaire reste approprié, a également dit Olli Rehn.

La BCE a déjà en préparation de nouvelles opérations de prêts ciblés aux banques à très faible taux, les TLTRO, mais elle pourrait envisager d’autres instruments.

“Regardez notre boite à outils”, a dit Olli Rehn en référence aux différentes options susceptibles d’être étudiées. “Nous avons les taux d’intérêt, les réinvestissements du programme d’achats d’actifs, nos indications sur la trajectoire future des taux d’intérêt directeurs (forward guidance) et les TLTRO.”

UNE INFLATION DE 2% N’EST PAS UN PLAFOND

Olli Rehn, considéré comme l’un des successeurs possibles de Mario Draghi à la présidence de la BCE en novembre, a par ailleurs réitéré son appel à l’élaboration d’un cadre plus souple de la politique monétaire.

La persistance dans la zone euro d’une inflation basse alimente actuellement un débat sur l’efficacité même d’une politique fondée sur un objectif chiffré d’évolution des prix.

Olli Rehn a précisé ne pas être favorable à une modification du mandat de la banque centrale mais plutôt à un assouplissement de la définition de la stabilité des prix, soit pour l’instant un taux d’inflation annuel inférieur à mais proche de 2%.

“Mon opinion est que 2% n’est pas un plafond et que l’inflation peut dévier dans les deux directions”, a-t-il ajouté.

Olli Rehn a par ailleurs rejeté les appels venus d’Italie en faveur d’une garantie par la BCE de dettes émises par les pays de la zone en euro, en rappelant qu’une telle mesure était interdite.

Mardi, le vice-président du Conseil italien Matteo Salvini a en effet appelé la BCE à jouer un nouveau rôle de soutien aux Etats membres de la zone euro en accordant une “garantie” à des emprunts émis par les Etats, ce qui permettrait d’assurer des coûts de financement réduits.

“Cela ne vous surprendra pas: je ne suis pas très enthousiasmé par cette idée car elle va à l’encontre du principe des banques centrales modernes qui nous interdit tout financement monétaire”, a dit Olli Rehn.

A propos du conflit commercial USA-Chine et de ses retombées économiques, il a estimé que “d’un côté, on peut dire que les tensions commerciales ont aussi un impact à la hausse sur l’inflation mais que ce facteur est assez limité”.

“Le principal effet, aujourd’hui, tient à la possibilité que nous atteignions un seuil au-delà duquel les guerres commerciales commencent à affaiblir les chaînes d’approvisionnement et de production”, a-t-il dit.

Dhara Ranasinghe, Patrick Vignal et Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny

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