May 29, 2019 / 10:41 AM / a month ago

La BCE s'inquiète de la dette, des banques et de l'immobilier

FRANCFORT, 29 mai (Reuters) - La dégradation de la croissance dans la zone euro contribue à la montée des risques pour la stabilité financière, a déclaré mercredi la Banque centrale européenne (BCE) en évoquant, parmi les sources de vulnérabilité, le risque de bulles immobilières, l’endettement des Etats ou encore le Brexit.

"Les défis à la stabilité financière augmentent dans un contexte de risques à la baisse pour les perspectives économiques", écrit la BCE dans sa Revue de stabilité financière here semestrielle.

“Si les risques à la baisse pour la croissance devaient se matérialiser, les coûts de financement des émetteurs souverains vulnérables augmenteraient probablement, ce qui pourrait faire émerger des problèmes de soutenabilité de la dette.”

Ce rapport est publié alors que la Commission européenne pourrait engager la semaine prochaine des mesures disciplinaires visant l’Italie pour non-respect des règles communautaires en matière de déficit budgétaire.

“Un manque de discipline budgétaire, le report des réformes budgétaires et structurelles ou même le retour sur des réformes passées pourraient raviver des pressions sur des émetteurs souverains plus vulnérables”, poursuit la BCE sans nommer aucun pays membre.

Le rapport souligne par ailleurs que les banques de la zone euro devraient générer un rendement des fonds propres d’environ 6% sur les deux ou trois prochaines années et qu’une part importante d’entre elles devraient être incapables de couvrir le coût de leurs fonds propres ou d’assurer le rendement de 8% à 10% attendu par les investisseurs.

La faiblesse de la rentabilité des banques est d’autant plus préoccupante que les banques sont les premiers relais de transmission à l’économie réelle des mesures de soutien prises par la BCE, les entreprises s’appuyant davantage sur le crédit bancaire que sur les marchés financiers.

La BCE pointe aussi du doigt des signes de surévaluation des marchés de l’immobilier résidentiel, ce qui est préoccupant au moment où la réduction de l’endettement des ménages entamée depuis la crise financière semble avoir nettement ralenti.

Pour freiner cette évolution, la banque centrale évoque la perspective de mesures obligeant les banques à augmenter leurs fonds propres, qui pourraient inclure un relèvement des “coussins contra-cycliques” à l’échelon national.

“La BCE surveille aussi l’évolution du marché immobilier et pourrait renforcer les mesures macroprudentielles nationales sur les fonds propres en cas de besoin”, dit-elle.

Concernant la sortie annoncée du Royaume-Uni de l’Union européenne, le rapport estime que la zone euro est relativement bien préparée mais qu’un Brexit sans accord négocié pèserait sur la croissance et conduirait sans doute à des mouvements marqués sur les marchés, les investisseurs n’ayant pas intégré de manière appropriée le risque associé à un tel scénario.

“Conjugués à un impact via les canaux commerciaux, des chocs potentiels sur les marchés financiers liés à un scénario de ‘no deal’ constituent un risque à la baisse important pour la croissance du PIB de la zone euro”, conclut la BCE.

Balazs Koranyi; Marc Angrand pour le service français

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