April 11, 2019 / 3:37 PM / 7 months ago

AVANT-PAPIER-L'automobile, pas rancunière, se presse au salon de Shanghai

* La grand messe chinoise de l’auto ouvre à la presse mardi

* La plupart des marques françaises auront des stands

* La Chine reste incontournable malgré la baisse récente du marché

* Elle demeure un eldorado pour les véhicules électriques

par Gilles Guillaume

PARIS, 11 avril (Reuters) - La plupart des constructeurs et équipementiers automobiles étrangers se presseront la semaine prochaine au 18e salon de l’auto de Shanghai, les Français en tête, le premier marché mondial restant incontournable malgré son coup d’arrêt récent.

Après leur première baisse, l’an dernier, depuis plusieurs décennies, les ventes de voitures neuves en Chine ne semblent pas parties pour redécoller cette année. PSA anticipe encore un repli de 3% du marché automobile chinois en 2019 et les analystes d’Evercore ISI une contraction pouvant aller jusqu’à 5%.

“La Chine reste le marché numéro un dans le monde, très loin devant les Etats-Unis, et même s’il y a un retournement, c’est toujours l’endroit où il faut être”, déclare Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’automobile, qui publiera ses nouvelles prévisions de baisse du marché chinois en juin.

“Malgré le coup de froid actuel, les perspectives de croissance à moyen terme restent bonnes et meilleures que sur les marchés matures. Un salon comme Shanghai est à ce titre incontournable”, ajoute-t-il.

Signe de cet engouement, la nouvelle règle en vigueur chez les constructeurs au nom de la rigueur budgétaire (pas de nouveauté, pas de salon) vaut partout sauf en Chine.

Même sans “première” à révéler, la plupart des marques françaises auront un stand à Shanghai où elles mettront en avant leurs dernières innovations en matière d’électrification. Car les ventes de véhicules électriques en Chine, a contrario du marché général, continuent d’afficher la croissance la plus rapide du monde.

DS, marque haut de gamme de PSA, présentera son concept car DSX e-tense, un cabriolet futuriste électrique, déjà dévoilé au Mondial de Paris, ainsi que les versions électriques et hybrides de ses deux SUV.

Citroën, également présente, jouera la carte de son centenaire pour un public chinois friand de références historiques et exposera une antique Traction aux côtés de sa nouvelle gamme de SUV et du restylage de sa berline chinoise C4 L.

Peugeot aura lui aussi un stand consacré à la 508 L - plus longue de 10 cm que la berline européenne, les clients chinois appréciant toujours les places arrières spacieuses - tandis que Renault dévoilera son mini-SUV électrique City K-ZE, son premier véhicule électrique pour la Chine dont un concept a été présenté au Mondial, à l’époque par Carlos Ghosn.

Volkswagen lèvera de son côté le voile sur son concept de SUV électrique ID.Roomzz, Audi sur le concept AI:ME, incarnant sa vision de l’électrique pour la décennie prochaine, Toyota sur une version à batterie de son petit crossover C-HR et Infiniti, la marque haut de gamme de Nissan , sur “QS Inspiration”, un concept car préfigurant l’arrivée dans trois ans de sa première voiture électrique pour la Chine, une berline sportive.

Les équipementiers ne sont pas en reste. Faurecia profitera de l’évènement pour célébrer ses 25 ans de présence sur le sol chinois, tandis que Valeo présentera ses ambitions en Chine, son premier pays par les effectifs, lors d’une conférence de presse mercredi sur son stand, et ce même si le retournement du marché local a contribué à son double avertissement sur résultats de 2018.

HORS DE QUESTION DE PARTIR

La croissance chinoise est désormais tombée à son rythme le plus faible depuis près de 30 ans, dans un contexte de faiblesse de la demande intérieure et de guerre commerciale avec les Etats-Unis.

Mais cela fait déjà plusieurs années que les constructeurs automobiles étrangers souffrent de la guerre des prix qui fait rage en Chine, de la concurrence des constructeurs locaux qui menace de sortir certains acteurs du jeu, et de l’évolution rapide des goûts des automobilistes, gagnés à leur tour par l’engouement pour les SUV, et plus seulement pour les berlines statutaires.

PSA, dont la Chine était jusqu’ici le principal moteur d’internationalisation - avec l’Iran, débouché disparu depuis - est particulièrement ébranlé. Comme l’a rappelé mardi Evercore ISI dans une note, le chiffre d’affaires du groupe en Chine en 2018 a été inférieur de 60% à son pic de 2015, et le constructeur a accusé sur place une perte de l’ordre de 126 millions d’euros l’an dernier.

Malgré cela, il est exclu de tirer un trait sur le marché chinois. “On ne va pas quitter la Chine, et de toute façon on ne va jamais s’avouer vaincu”, a assuré le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, le mois dernier au salon de l’automobile de Genève.

Le groupe s’efforce toujours de redresser ses activités chinoises, mais déplore ne pouvoir aller plus vite, faute d’avoir le contrôle opérationnel de ses co-entreprises locales.

Le salon de l’automobile de Shanghai, qui se tient chaque année en alternance avec Pékin, ouvrira ses portes à la presse mardi prochain, puis au grand public jeudi 18 avril. (Avec Norihiko Shirouzu à Pékin, édité par Benoît Van Overstraeten)

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