April 9, 2019 / 8:10 AM / 3 months ago

Gilets jaunes-Le cas Drouet ravive la tension gouvernement-Sénat

PARIS, 9 avril (Reuters) - La venue programmée ce mardi d’une délégation de “Gilets jaunes”, dont le médiatique et controversé Eric Drouet, au Sénat a ravivé les tensions apparues ces derniers mois, sur fond d’affaire Benalla, entre la haute assemblée et le gouvernement.

Ce groupe de cinq “Gilets jaunes” devait être reçu, à 10h00, par la sénatrice centriste Catherine Fournier, présidente de la commission spéciale sur le projet de loi Pacte, afin d’aborder notamment la question de la privatisation d’ADP.

“Cette invitation n’est pas responsable, ce n’est pas ça qui fera avancer le débat”, a critiqué le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, sur franceinfo.

“Je ne vois pas en quoi M. Drouet est plus qualifié qu’un autre et pourquoi le Sénat, sinon pour se faire remarquer, l’invite à débattre de ce sujet”, a ajouté Bruno Le Maire à propos de ce chauffeur-routier de profession, devenu l’une des figures de la frange la plus contestataire des “Gilets jaunes”.

Eric Drouet s’était fait connaître, notamment, en appelant à entrer à l’Elysée lors des manifestations du mois de décembre.

“A titre personnel”, Julien Denormandie, ministre de la Ville et proche d’Emmanuel Macron, s’est pour sa part déclaré “profondément” choqué sur CNEWS.

Joint par Reuters, le bureau de Catherine Fournier précise que cette rencontre a lieu à la demande de la délégation réunie autour d’Eric Drouet, qui a demandé à être reçue pour exprimer son opposition aux privatisations prévues par la loi Pacte.

“ADP est un bien stratégique national qui représente un actif économique rentable de la nation, et génère des bénéfices importants”, peut-on lire dans un communiqué de ce groupe, qui se fait appeler “Opérations Spéciales GJ”. “Sa privatisation, indéfendable, sans consultation des citoyens par référendum, est une erreur stratégique, décidée dans des cercles fermés.”

Après une nouvelle lecture au Sénat, le projet de loi “relatif à la croissance et la transformation des entreprises”, selon son appellation officielle, doit être adopté jeudi à l’Assemblée nationale.

Les relations entre le Sénat et le gouvernement se sont envenimées depuis l’été 2018 du fait de l’affaire Alexandre Benalla, du nom d’un ancien proche d’Emmanuel Macron accusé, entre autres, d’avoir commis des violences sur des manifestations en marge des cortèges du 1er-Mai dernier.

La commission d’enquête du Sénat a fait défiler plusieurs hauts responsables de l’Elysée puis a transmis au parquet de Paris, fin mars, le témoignage de trois collaborateurs du chef de l’Etat, soupçonnés de ne pas avoir dit toute la vérité.

Cette procédure a déclenché une virulente riposte de l’exécutif et de la majorité à l’Assemblée nationale, qui ont dénoncé une “instrumentalisation” de la justice. (Simon Carraud, édité par Yann Le Guernigou)

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