April 6, 2019 / 3:18 PM / in 3 months

LEAD 1-"Harmonie" au G7 de Dinard dominé par la crise en Libye

* Dix mois après le fiasco du G7 au Canada

* Divergences sur l’Iran et Israël, dit Le Drian

* LE G7 accentue la pression sur la Libye et Haftar (Actualisé avec précisions, déclarations, contexte)

par Marine Pennetier et Julie Carriat

DINARD, Ille-et-Vilaine, 6 avril (Reuters) - Dix mois après le fiasco du G7 au Canada, les ministres des Affaires étrangères des pays les plus industrialisés de la planète sont parvenus à se mettre d’accord samedi sur une déclaration finale “harmonieuse”, sauf sur le conflit israélo-palestinien, lors d’une réunion dominée par la Libye.

A l’approche du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement fin août à Biarritz, la volte-face américaine de juin 2018 fait figure d’épouvantail pour la France qui assure la présidence tournante du “groupe des sept” (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada).

Quelques heures après l’annonce d’un communiqué commun, le président Donald Trump avait publié un tweet dans lequel il rejetait les termes de la déclaration finale obtenue après de longues tractations.

Ce revirement avait suscité la consternation des autres membres du G7, au premier rang desquels la France qui avait dénoncé une forme d’”incohérence” et d’”inconsistance” et appelé à être “sérieux”.

“Il y a eu l’année dernière une fin de G7 au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement qui ne s’est pas très bien passée mais le G7 ici à Dinard s’est très bien passé”, s’est félicité le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, lors de la conférence de presse finale. “La discussion avec l’ensemble des membres a été fluide, constructive, positive sur le fond.”

“Il y a un très long communiqué très positif, très complet, il n’empêche que ce communiqué identifie quelques divergences de vue même si sur l’essentiel nous sommes en harmonie et en accord”, a-t-il déclaré à Dinard (Ille-et-Vilaine), où la réunion s’est tenue pendant deux jours.

“Sur deux sujets en particulier - le conflit israélo-palestinien et sur l’appréciation de la méthode à suivre concernant les relations avec l’Iran - nous avons des divergences qui sont connues mais cela ne nous a pas empêchés sur tout le reste de nous mettre d’accord et d’avoir un communiqué commun”.

L’ACCORD SUR L’IRAN ABSENT DE LA DÉCLARATION FINALE

Dans la déclaration finale, seul le différend sur le conflit israélien apparaît explicitement avec la mention de “points de vue qui divergent de façon manifeste”.

Les Etats-Unis, qui étaient représentés à Dinard par les numéros deux et trois du Département d’Etat américain et non par Mike Pompeo en personne, ont pris une série de mesures unilatérales depuis l’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche.

Parmi ces mesures figurent notamment la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale d’Israël et de la souveraineté du pays sur le plateau syrien du Golan ainsi que le retrait unilatéral de l’accord sur le programme nucléaire iranien arraché après de longues tractations en 2015.

Source de crispation entre Washington et les autres signataires de cet accord, le JCPOA n’est pas mentionné dans la déclaration finale qui évoque seulement préoccupations du G7 concernant “les activités déstabilisatrices de l’Iran dans la région” et sa détermination à empêcher Téhéran “d’acquérir l’arme nucléaire”.

Refroidie par le précédent G7, la France s’est attachée à insister sur les points de convergence et à opter pour des sujets susceptibles d’aboutir à des accords dès Dinard afin d’éviter “d’aller dans le mur” à Biarritz, selon une source diplomatique.

PRESSIONS SUR HAFTAR EN LIBYE

Dans la cité balnéaire bretonne, les pays du G7 se sont ainsi mis d’accord sur trois sujets qui ont fait l’objet de déclarations distinctes : une initiative pour des normes dans le cyberespace, une sur les femmes, la paix et la sécurité et une autre sur la lutte contre les trafics illicites dans le Sahel.

“Nous avons adopté une déclaration visant à favoriser le comportement des Etats dans le cyberespace qui ne peut être une zone de non droit”, a expliqué Jean-Yves Le Drian. “Cette déclaration créé un mécanisme d’autorégulation et de partage de bonnes pratiques pour que le cyberespace soit un environnement ouvert, libre, stable et sécurisé”.

Concernant la deuxième initiative, le G7 s’est mis d’accord sur “une feuille de route” concernant la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits et le renforcement du rôle des femmes dans le règlement des crises. “Un mécanisme d’alerte précoce en cas d’usage du viol comme arme de guerre” est par ailleurs amené à voir le jour - ses modalités ne figurent pas dans la déclaration finale.

L’ordre du jour de cette réunion de préparation à Biarritz a été bousculé dès vendredi par l’annonce par les forces du maréchal Haftar et homme fort de l’Est libyen de la prise de plusieurs localités situées aux portes de Tripoli, la capitale.

Dans une déclaration commune diffusée vendredi soir, les sept chefs de la diplomatie du G7 ont mis en garde “tout acteur libyen alimentant le conflit civil” dans le pays plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.

“Nous sommes convenus d’utiliser toutes les possibilités à notre disposition pour exercer une pression sur les responsables en Libye, en particulier le maréchal Haftar, afin d’éviter toute nouvelle escalade”, a renchéri samedi le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. (avec John Irish et Richard Lough, édité par Simon Carraud)

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