April 6, 2019 / 3:29 PM / 7 months ago

ENCADRE-La lutte contre les inégalités, fil rouge du G7 français

* Déclaration commune lors de la réunion à Dinard

* Conférence mondiale égalité femmes-hommes en 2020

DINARD, Ille-et-Vilaine, 6 avril (Reuters) - Fil rouge de la présidence française du G7, la lutte contre les inégalités s’est traduite samedi par l’adoption d’une première déclaration commune sur la protection des femmes contre les violences sexuelles dans les conflits et le renforcement de leur rôle dans le règlement des crises.

La question a fait l’objet vendredi d’un dîner restreint entre les chefs de la diplomatie des sept pays les plus industrialisés de la planète (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada), réunis pour deux jours dans la station balnéaire de Dinard (Ille-et-Vilaine).

La directrice exécutive d’Onu Femmes et ancienne vice-présidente d’Afrique du Sud, Phumzile Mlambo-Ngcuka, et la représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu pour la République démocratique du Congo, Leila Zerrougui, figuraient notamment parmi les convives.

“C’est important que le G7, un organe qui vaut son pesant d’or, avec trois membres permanents du Conseil de sécurité, inscrive cette thématique” à l’ordre du jour, a estimé Leila Zerrougui dans une interview à Reuters samedi.

“C’est parce qu’on s’était battu quand il y avait tous ces viols massifs dans le Masisi-Walikale (Nord-Kivu, RDC) dans les années 2008 2009, que le mandat du représentant spécial (aux violences sexuelles pendant les conflits-NDLR) a été créé et que la thématique est devenue plus connue”, a-t-elle souligné. “C’est à partir de la RDC que les choses ont pu avancer.”

Pour la juriste algérienne, spécialiste de la défense des femmes et des enfants, “c’est important aujourd’hui que des pays qui sont beaucoup plus avancés sur la thématique d’égalité aussi attirent l’attention” sur ces sujets.

Dans leur déclaration commune adoptée à cinq mois du sommet des chefs d’Etat prévu fin août à Biarritz, les ministres des Affaires étrangères réunis à Dinard s’engagent notamment à renforcer “la coordination entre membres du G7 pour appuyer la participation des femmes aux processus de paix”.

Ils promettent d’”encourager les initiatives visant à accroître la participation entière, significative et sur un pied d’égalité des femmes aux processus de paix, au rétablissement et à la consolidation de la paix”.

“TOUT LE MONDE SE TROMPE”

Dans les colonnes du Monde, Phumzile Mlambo-Ngcuka rappelle qu’au Liberia, en Colombie, aux Philippines, au Mali ou en Afrique du Sud, “les femmes ont joué un rôle primordial” dans le rétablissement de la paix.

“Il est aussi prouvé que plus les femmes sont nombreuses parmi les forces de l’ordre ou de maintien de la paix, et moins il y a de violence (...) contre les populations qu’elles sont censées protéger”, a-t-elle souligné.

Reste à déterminer dans quelle mesure cette déclaration de bonne volonté sera en mesure de faire avancer la question de l’égalité femmes-hommes qui, près de 25 ans après la conférence mondiale sur les femmes de Pékin, reste problématique.

“Il n’y a pas un seul pays où les choses soient faites comme il faut pour les femmes”, a déploré Phumzile Mlambo-Ngcuka. “Il n’y a pas un seul pays qui ait atteint l’égalité de genre. Pas un seul pays qui investisse suffisamment pour les femmes. Pas un seul qui ait atteint la parité dans la représentation politique, même dans les pays convaincus de la nécessité de l’égalité entre femmes et hommes.”

“Pas un seul pays où il n’y ait pas de violences commises contre les femmes, et pas un seul pays où ces violences soient combattues de manière satisfaisante par tous les agents de l’Etat”, a-t-elle dénoncé. “Pas un seul pays où l’égalité salariale soit atteinte. En matière d’égalité femmes-hommes, tout le monde se trompe !”

Pour tenter de donner un nouvel élan à la lutte pour les inégalités, l’Onu organisera à la mi-2020 une grande conférence internationale, que la France et le Mexique ont d’ores et déjà proposé d’accueillir, selon l’ancienne vice-présidente d’Afrique du Sud. (Marine Pennetier et Julie Carriat, avec John Irish et Richard Lough, édité par Simon Carraud)

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