April 5, 2019 / 2:55 PM / 7 months ago

LEAD 1-Brexit: La proposition de Tusk discutée par les ambassadeurs de l'UE

(Actualisé avec citations)

par Jan Strupczewski et Gabriela Baczynska

BRUXELLES, 5 avril (Reuters) - La proposition d’un “long report flexible” du Brexit a été soutenue vendredi par un grand nombre d’ambassadeurs de pays de l’Union européenne mais les représentants de plusieurs Etats-membres ont insisté sur la nécessité d’obtenir au préalable de Londres un plan clair permettant de sortir de l’impasse, a-t-on appris de source européenne.

Il a aussi été question d’un engagement britannique à coopérer de manière sincère avec l’UE le temps de cette éventuelle extension, a ajouté ce responsable européen, s’exprimant sous couvert de l’anonymat.

Il s’agit de faire en sorte que Londres, tout en restant membre de plein droit de l’UE durant cette période prolongée avant le divorce, ne cherche pas à influencer les orientations du bloc communautaire qu’elle s’apprête à quitter.

Le mois dernier, Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens, a mis en garde contre les coûts économiques et politiques d’un long report du divorce, qui signifierait que les Britanniques pourraient être impliqués dans la mise en place de la future Commission européenne, après les élections européennes du mois prochain, ainsi que dans l’examen du cadre budgétaire 2021-2027.

Selon une source européenne, le président du Conseil européen, Donald Tusk, va probablement proposer à Londres un report “flexible” de 12 mois de la date du Brexit.

Cette solution, qui requerra l’aval des 27 dirigeants européens qui se réuniront la semaine prochaine en sommet extraordinaire à Bruxelles, permettrait au Royaume-Uni de quitter l’Union européenne dès la ratification par Londres de l’accord de retrait négocié par Theresa May avec les autorités de Bruxelles.

La Première ministre britannique a formellement demandé pour sa part un nouveau report de la date du Brexit au 30 juin. Dans son esprit aussi, ce délai supplémentaire prendrait fin dès ratification par la Chambre des Communes de l’Accord de retrait.

“FLEXTENSION” ET BUT EN OR

“La seule porte de sortie raisonnable, a dit cette source européenne, est celle d’un report long mais flexible. Je le qualifierais de ‘flextension’”, c’est-à-dire une prolongation d’une durée maximale d’un an mais qui prendrait automatiquement fin dès ratification de l’Accord de retrait par la Chambre des communes, à la manière du “but en or” un temps pratiqué dans le football.

“Il s’agirait là d’un bon scénario pour les deux parties car il offrirait au Royaume-Uni toute la flexibilité nécessaire tout en évitant d’avoir à se réunir chaque semaine ou presque pour discuter d’un nouveau report du Brexit.”

A l’issue de la réunion des ambassadeurs, un responsable européen a indiqué vendredi que “les discussions avait montré un large soutien à cette idée d’une longue ‘flextension’”.

Pourtant, il y a quinze jours à peine, les Vingt-Sept avaient refusé d’accorder à May un report courant jusqu’au 30 juin et opté pour un sursis limité (jusqu’au 22 mai si la dirigeante britannique parvenait enfin à faire ratifier l’accord; jusqu’au 12 avril dans le cas contraire).

Plusieurs diplomates ont insisté vendredi sur le fait que plusieurs options étaient toujours sur la table, y compris un rejet de la nouvelle demande de May qui accentuerait le risque d’un divorce sans accord.

“Nous attendons de voir s’il y a de véritables progrès avec le Labour”, a dit un de ces diplomates en allusion aux discussions que May a ouvertes cette semaine avec l’opposition travailliste.

“Accepter sa demande est difficile pour certains au sein de l’UE. La date du 30 juin est toujours aussi compliquée qu’il y a deux semaines en raison des sensibilités entourant les élections européennes”, ajoute-t-il. Mais “un long report est un moyen de réduire l’incertitude et d’éviter des sommets d’urgence permanents sur le Brexit.”

Comme le 21 mars dernier, Theresa May s’adressera mercredi prochain aux 27 autres dirigeants de l’UE et répondra à leurs questions avant de quitter la salle du conseil et de les laisser décider.

Il y a quinze jours, elle leur avait donné l’impression de ne plus contrôler la situation et de n’avoir aucun plan pour sortir de l’impasse, renforçant les tenants d’une ligne dure, parmi lesquels la France.

Pour retrouver la couverture EN DIRECT des événements de la journée:

FEUILLETON du Brexit: les prochains épisodes

LE POINT sur les négociations du Brexit

LA CHRONOLOGIE des négociations du Brexit (Henri-Pierre André pour le service français)

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