April 5, 2019 / 3:25 PM / 8 months ago

LEAD 2-Le G7 met implicitement en garde le maréchal libyen Haftar

* Réunion des chefs de la diplomatie avant Biarritz en août

* La question libyenne s’invite dans les échanges

* Absence remarquée de Pompeo, Paris minimise (Actualisé avec communiqué commun)

par Marine Pennetier et Julie Carriat

DINARD, Ille-et-Vilaine, 5 avril (Reuters) - Les pays du G7 ont mis en garde vendredi “tout acteur libyen alimentant le conflit civil” en Libye après l’ordre donné par le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne (ANL), à ses troupes de marcher sur la capitale Tripoli, où siège le gouvernement reconnu par la communauté internationale.

La situation en Libye, source d’inquiétude permanente de la communauté internationale depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011 qui a plongé le pays en plein chaos, s’est invitée à la réunion des sept pays les plus industrialisés de la planète (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada) qui se tient pour deux jours à Dinard (Ille-et-Vilaine).

“Nous exprimons notre vive préoccupation face aux opérations militaires qui ont lieu à proximité de Tripoli”, peut-on lire dans un communiqué commun des sept chefs de la diplomatie publié dans la soirée. “Nous exhortons toutes les parties impliquées à faire cesser immédiatement toutes les activités et tous les mouvements militaires vers Tripoli, qui entravent les perspectives du processus politique.”

“Toute faction ou tout acteur libyen alimentant le conflit civil porte atteinte à des innocents et fait obstacle à la paix que les Libyens méritent”, écrivent-ils, sans mentionner explicitement le maréchal Haftar.

Les forces de l’homme fort de l’Est libyen ont annoncé vendredi la prise de plusieurs localités situées aux portes de Tripoli. Des combats se déroulaient par ailleurs autour de l’ancien aéroport international de la capitale, situé à Kasr ben Ghashir.

Selon la chaîne télévisée Al Arabiya, le maréchal aurait déclaré au secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, que l’offensive en direction de la capitale se poursuivrait jusqu’à “l’élimination du terrorisme”.

INÉGALITÉS, CYBER ET SAHEL

Au-delà de la Libye, les chefs de la diplomatie du G7 vont tenter d’ici samedi soir de sécuriser des accords sur les sujets les plus consensuels, cinq mois avant le sommet des chefs d’Etat à Biarritz.

Une session de travail s’est tenue vendredi après-midi sur “la défense des démocraties contre les ingérences extérieures et l’adoption d’un comportement responsable des Etats dans le cyberespace” et devait donner lieu à une initiative commune.

“Nous savons que des Etats comme la Russie ont une stratégie active, planifiée, pensée, pour interférer dans les processus démocratiques des pays occidentaux et semer la dissension et le chaos”, a dit le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt lors d’une conférence de presse, évoquant une stratégie “pour faire en sorte que le prix d’une tentative d’ingérence dans nos processus démocratiques devienne trop élevé”.

Les chefs de la diplomatie devaient consacrer leur dîner vendredi à la lutte contre les inégalités - fil rouge du G7 présidé par la France cette année -, plus spécifiquement à la participation des femmes aux processus de paix en Afrique.

La réunion s’achèvera par un déjeuner samedi qui devrait déboucher sur l’adoption d’une initiative sur la lutte contre les trafics dans la bande sahélo-saharienne.

Dix mois après la volte-face américaine de dernière minute au G7 du Canada - lorsque le président Donald Trump avait rejeté les termes de la déclaration finale -, la France se veut prudente face à un chemin jusqu’à août qui s’annonce semé d’embûches.

L’absence du secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo, qui a chargé des numéros deux et trois de le représenter à Dinard, a donné le ton, selon un diplomate étranger à Paris.

“Symboliquement, son absence envoie un message plutôt négatif : Pompeo a mieux à faire”, estime-t-il. “Les Etats-Unis sont isolés mais continuent à dicter le tempo et nous suivons derrière.”

A Paris, on minimise la portée de cette absence. “Mike Pompeo a un engagement incontournable aux Etats-Unis aujourd’hui et demain et Jean-Yves le Drian l’a vu cette semaine à Washington”, indique une source diplomatique française en louant la qualité du dialogue avec Washington malgré les divergences.

Autre sujet qui devait être indirectement abordé lors du G7, la question du Brexit à cinq jours d’un Conseil européen à Bruxelles et une semaine de la nouvelle date prévue pour la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne, le 12 avril.

Avant son départ vendredi soir, Jeremy Hunt a indiqué qu’il tenterait de convaincre ses homologues européens d’accorder un nouveau report et a insisté sur la participation “vitale” de son pays au G7. (avec John Irish et Richard Lough, édité par Tangi Salaün)

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