April 5, 2019 / 11:20 AM / 4 months ago

LEAD 1-ADP se transforme pour séduire les investisseurs

(Actualisé avec déclarations supplémentaires, contexte)

par Gilles Guillaume

PARIS, 5 avril (Reuters) - ADP a enclenché la dernière phase de sa mue qui doit lui permettre d’accélérer dans l’aéroportuaire et l’investissement immobilier, et de séduire au passage des investisseurs dans les starting-blocks avant la privatisation de l’exploitant des aéroports parisiens.

“Le modèle, c’est celui de la transformation de ce qui était un groupe public, on va même dire un bureau du ministère de l’aviation civile, en 1945, dans l’entreprise que vous avez aujourd’hui”, a déclaré vendredi le PDG d’ADP, Augustin de Romanet, devant plusieurs dizaines d’analystes financiers, de banquiers et de représentants de fonds et d’entreprises réunis non loin des Champs-Elysées.

En passe d’être privatisé par l’Etat qui détient 50,6% du capital, le groupe prévoit de doubler à six milliards d’euros ses investissements dans les activités “coeur” des aéroports parisiens entre 2021 et 2025, dans le cadre de son quatrième “contrat de régulation économique (CRE).

Il table également d’ici 2025 sur une croissance de son activité de 40% à 50% tirée par le développement international et la croissance des aéroports d’Orly et Roissy.

ADP a déjà connu plusieurs mutations. Transformé en société anonyme en 2005, introduit en Bourse l’année suivante, il entame en 2012 son internationalisation avec l’acquisition d’une partie de TAV Airports en Turquie, stratégie qui s’accélère en 2017. ADP revendique au titre de 2018 le rang de numéro un mondial de la gestion d’aéroports avec 281 millions de passagers et 25 plates-formes gérées dans le monde.

“Notre objectif est de valoriser ce qui représente 70 ans d’expérience aéroportuaire”, a ajouté Augustin de Romanet.

Les années à venir seront marquées par d’importants changements autour de Paris avec les travaux préparatoires du futur terminal T4 de Roissy et le chantier du CDG Express, un train direct entre l’aéroport Charles-de-Gaulle et la gare de l’Est, sur fond d’aménagements du Grand Paris et de Jeux olympiques de 2024.

UN HÔTEL OÙ L’ON NE DORT PAS

ADP veut aussi monétiser à l’international cette expérience dans les infrastructures, les commerces, la sécurité et l’hospitalité, Augustin de Romanet décrivant l’aéroport comme “un hôtel où les gens ne dorment pas”.

A côté de son coeur de métier, le groupe se voit aussi maintenant comme un investisseur à part entière. Fort d’une réserve foncière de plus de 300 hectares, il peut encore construire 1,5 million de mètres carrés qui viendraient s’ajouter aux 1,5 million qu’il exploite déjà.

“A l’horizon 2024, le centre d’affaires d’Orly est une alternative extrêmement crédible à la Défense”, a poursuivi Augustin de Romanet, en soulignant que trois millions de mètres carrés équivalent à 66% de la superficie développée dans le quartier de bureaux de l’ouest parisien.

Parmi les candidats potentiels à la privatisation d’ADP figure le groupe Vinci, déjà actionnaire à 8%, candidat au plein contrôle d’ADP et représenté vendredi à la présentation par son directeur des relations investisseurs.

Le groupe de BTP et de concessions ne sera pas seul en lice. Les postulants pressentis comprennent également le spécialiste australien de l’investissement dans les infrastructures Macquarie, qui a dépêché vendredi le patron de sa filiale française, ou encore le fonds Ardian allié à plusieurs départements d’Ile-de-France, qui a confirmé son intérêt.

Le projet de loi Pacte, qui va ouvrir la voie à la privatisation d’ADP, doit être examiné à partir du 9 avril prochain par le Sénat, avant une dernière lecture par l’Assemblée le 11. Selon Augustin de Romanet, la promulgation du texte pourrait suivre mi-mai.

Augustin de Romanet a assuré que cette loi conforterait la stratégie de développement du groupe.

“Cette loi (...) pouvait nourrir des craintes légitimes, certaines et certains d’entre vous, qui êtes actionnaires d’ADP, vous demandiez à quelle sauce vous seriez mangés. Et bien cette sauce est très comestible”, a-t-il dit.

Le transfert au secteur privé d’une majorité du capital transformerait notamment le droit perpétuel d’exploitation actuel d’ADP en un droit d’exploitation de 70 ans, moyennant une indemnité d’expropriation qui sera fixée après consultation d’une commission.

“ADP a un peu plus de 70 ans, nous avons donc une nouvelle vie devant nous”, a dit le directeur financier Philippe Pascal. (Edité par Bertrand Boucey)

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