April 3, 2019 / 12:37 PM / in 8 months

LEAD 1-La France maintient son objectif de fermer les centrales à charbon

(Actualisé avec précisions)

PARIS, 3 avril (Reuters) - Le ministre français de la Transition écologique a confirmé mercredi sa volonté d’arrêter la production d’électricité à partir de charbon sous trois ans, un objectif qui nécessitera de lever d’ici là plusieurs interrogations quant à la sécurité des approvisionnements.

François de Rugy se fonde sur un rapport de RTE (Réseau de transport d’électricité), à qui il avait demandé d’étudier les différents scénarios de fermeture des quatre dernières centrales à charbon en tenant compte des retards pris dans les chantiers de l’EPR de Flamanville (Manche) et de la centrale à gaz de Landivisiau (Finistère).

“On confirme l’échéance de 2022 par rapport aux éléments liés à la sécurité d’approvisionnement que RTE nous a fournis”, a déclaré le successeur de Nicolas Hulot lors d’une conférence de presse, à Paris.

“Il y a une voie, ce n’est pas une autoroute toute droite”, a encore dit François de Rugy, en évoquant les “contraintes” qui jalonnent ce parcours.

Deux des quatre dernières centrales appartiennent à EDF - à Cordemais (Loire-Atlantique) et au Havre (Seine-Maritime) - et deux autres - à Meyreuil (Bouches-du-Rhône) et à Saint-Avold et Carling (Moselle)- sont en passe d’être cédées par l’allemand Uniper au groupe tchèque EPH, détenu par le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.

Ces centrales totalisent environ 3.000 mégawatts (MW) de puissance, dont 1.200 MW à Cordemais, un site-clef dans la fourniture de la Bretagne.

Elles représentent une faible part de la production française mais 27% des émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique - l’équivalent en CO2 de quatre millions de véhicules particuliers.

Dans un complément à son analyse sur l’équilibre entre offre et demande d’électricité en France sur la période 2019-2023, publiée en novembre dernier, RTE juge dans un “cas de base” qu’il est toujours possible de fermer ces quatre centrales d’ici à 2022 sous certaines conditions.

Le gestionnaire des lignes à haute tension françaises fait même l’hypothèse d’un rythme de développement des énergies renouvelables plus lent que celui envisagé dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), avec un chargement du combustible de l’EPR en 2020 au lieu du quatrième trimestre 2019, prévu selon le dernier calendrier en date d’EDF.

DÉCISION À L’AUTOMNE SUR CORDEMAIS

RTE intègre aussi un allongement des visites décennales de centrales nucléaires par rapport au planning fourni par EDF ainsi qu’une consommation électrique stable, dans le prolongement de la tendance de ces dernières années, et le déclassement d’un nombre important de moyens thermiques à l’étranger, notamment en Allemagne et Grande-Bretagne.

La société indique toutefois que, dans l’hypothèse de retards “significatifs” dans la mise en service de certains moyens de production et de transport d’électricité - EPR de Flamanville, centrale à gaz de Landivisiau ou interconnexion Eleclink -, “le critère de sécurité d’approvisionnement pourrait ne plus être respecté en 2022”.

Dans ce cas, RTE estime qu’il pourrait falloir prolonger l’exploitation de certaines centrales au charbon au-delà de 2022, avec des durées de fonctionnement “strictement nécessaires” très limitées (quelques dizaines d’heures par an en moyenne) et exclusivement en période hivernale.

“Ce mode de fonctionnement serait compatible avec une forte réduction des émissions de CO2 associées à la production d’électricité à base de charbon”, conclut la société détenue par EDF (50,1% du capital), la Caisse des dépôts (29,9%) et CNP Assurances (20%).

Cette analyse intervient alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit se prononcer en mai sur la démarche retenue par EDF pour régler les problèmes de soudures de l’EPR de Flamanville, après avoir prévenu que l’éventuelle reprise de celles qui sont les plus difficilement accessibles se traduirait par un nouveau retard dans le démarrage de la centrale.

Le gouvernement doit par ailleurs prendre une décision à l’automne sur la transformation du site de Cordemais en centrale majoritairement alimentée en biocombustible avec une part minoritaire de charbon, un projet mené par EDF. (Simon Carraud et Benjamin Mallet, édité par Yves Clarisse)

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