April 1, 2019 / 1:18 PM / in 2 months

LEAD 4-Brexit-Aucune solution alternative adoptée aux Communes

(Actualisé avec résultat des votes)

par Elizabeth Piper, Kylie MacLellan et William James

LONDRES, 1er avril (Reuters) - Les députés britanniques n’ont trouvé lundi aucune alternative au “Withdrawal Agreement” que Theresa May a conclu en novembre avec Bruxelles et qu’ils ont rejeté pour la troisième fois vendredi, bien que la Première ministre ait mis sa démission dans la balance.

Quatre motions censées permettre de sortir de l’impasse avaient été retenues par le président de la Chambre.

Celle qui a recueilli le plus de suffrages propose le maintien d’une union douanière avec l’UE. Trois voix seulement ont fait défaut pour qu’elle atteigne la majorité.

Un autre texte qui demandait la tenue d’un référendum de confirmation de tout accord de divorce avant sa ratification parlementaire a été rejeté par 292 voix contre 280.

A l’annonce des résultats, Steven Barclay, ministre chargé du Brexit, a déclaré que, faute de solution alternative, la Grande-Bretagne devrait quitter l’UE le 12 avril sans accord.

Une première série de “votes indicatifs” s’est déroulée mercredi dernier et aucune des huit options n’avait obtenu la majorité.

Si les parlementaires s’étaient accordés sur le maintien d’un union douanière avec les Vingt-Sept, certains espéraient que Theresa May soumette une quatrième fois son accord de retrait au vote des députés, peut-être dès mercredi.

Le gouvernement se réunira deux fois mardi, a-t-on appris de source politique. La première réunion sera consacrée à la situation au sein du Parti conservateur, la seconde réunira les principaux ministres autour de Theresa May. Au total, les discussions devraient durer cinq heures.

“MAINTENANT ÇA SUFFIT”

Pour Julian Smith, le “chief whip” des tories, responsable de la discipline parlementaire au sein du Parti conservateur, Theresa May aurait dû dire dès 2017, après la perte de sa majorité parlementaire aux législatives de juin, qu’un Brexit plus “doux” qu’envisagé initialement était inévitable.

Interrogé par la BBC, il a critiqué l’attitude de certains ministres et fustigé “le pire exemple d’indiscipline gouvernementale dans l’histoire politique britannique”.

En 2017, explique Julian Smith, “le gouvernement dans son ensemble aurait probablement dû être plus clair sur les conséquences” du résultat des élections. “L’arithmétique parlementaire signifie qu’il était inévitable d’aboutir à une sortie de Brexit plus ‘soft’.”

Lundi, le Parti travailliste a fait savoir qu’il avant l’intention de voter dans la soirée la motion D, dite “marché commun 2.0”, qui propose un accord avec adhésion au marché unique européen et arrangement douanier.

A l’origine, le Brexit était fixé au 29 mars dernier. A l’issue du troisième rejet de l’accord de sortie par les Communes, le Royaume-Uni devrait quitter l’UE sans accord le 12 avril, sauf si Londres présente d’ici là une alternative et demande un nouveau report.

Donald Tusk, président du Conseil européen, a annoncé la tenue d’un sommet extraordinaire de l’UE le 10 avril.

Effaré par le chaos actuel, Jürgen Maier, patron du géant industriel allemand Siemens en Grande-Bretagne, a exhorté les parlementaires britanniques à appuyer le choix d’une union douanière avec l’UE.

“Maintenant ça suffit. Notre patience est à bout. Décidez-vous et rassemblez-vous derrière un compromis sur l’union douanière qui assure la stabilité et la sécurité économiques”, a-t-il dit, déplorant que le Royaume-Uni devienne actuellement la “risée” de ses partenaires européens.

“PIRE QU’UN SPHINX”

Le président de la Commission européenne, a aussi exhorté les députés britanniques à se décider, estimant qu’”un sphinx, c’est un livre ouvert comparé au Royaume-Uni”. “On aimerait que le sphinx s’exprime enfin”, a ajouté Jean-Claude Juncker.

Jacob Rees-Mogg, chef de file des conservateurs eurosceptiques au Parlement britannique, craint pour sa part de voir Theresa May accepter le maintien du Royaume-Uni dans une union douanière avec l’UE.

“Mon inquiétude, c’est que la Première ministre soit préoccupée par-dessus tout par le souci d’éviter une sortie sans accord et je suis très inquiet à l’idée qu’elle puisse décider d’opter pour une union douanière attachée à son accord (de retrait)”, a-t-il déclaré sur les ondes de LBC.

“Mais si cela se produit, des gens comme moi continueront de faire campagne pour sortir de l’union douanière”, a-t-il ajouté.

Un autre député conservateur eurosceptique, Steve Baker, a même laissé entendre qu’il pourrait voter une motion de censure contre le gouvernement en cas de maintien d’une union douanière avec l’UE.

Interrogé sur l’éventualité d’élections législatives anticipées pour sortir de l’impasse au Parlement, le porte-parole de May a rappelé lundi que la Première ministre jugeait cette hypothèse contraire à l’intérêt national.

LE POINT sur les négociations du Brexit (Avec James Davey et Elisabeth O’Leary; Jean-Stéphane Brosse, Guy Kerivel et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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