March 28, 2019 / 3:28 PM / 8 months ago

La Fed ne peut ignorer l'exposition des USA aux risques externes-Clarida

MILWAUKEE, 28 mars (Reuters) - Les liens financiers et commerciaux importants que les Etats-Unis ont développés avec le reste du monde les exposent à des chocs externes que les banquiers centraux ne peuvent passer sous silence lorsqu’ils élaborent leur politique monétaire, dit Richard Clarida, le vice-président de la Réserve fédérale.

Ces chocs peuvent toucher les Etats-Unis directement en frappant les exportations mais ils sont ressentis encore plus fortement par le biais des échanges monétaires et financiers.

Tant que les investisseurs verront dans le dollar une valeur sûre, le faisant monter en temps de crise pendant que les taux d’intérêt américains eux baissent, il faudra faire attention, a expliqué Clarida.

“On entend beaucoup parler des répercussions de la politique monétaire américaine sur les autres pays mais on parle beaucoup moins de la façon dont les chocs mondiaux affectent les Etats-Unis”, a dit Clarida, lors d’une intervention à l’occasion d’un colloque organisé par la Banque de France.

La somme des actifs et passifs américains à l’étranger représentait le quart environ du Produit intérieur brut en 1960 et 300% à présent, une montagne financière à partir de laquelle les problèmes subis par certains pays peuvent s’exporter vers les USA, a observé le vice-président de la Fed.

“Dans le monde d’aujourd’hui, les autorités monétaires américaines ne peuvent se permettre d’ignorer ce risque”, a dit Clarida, même si le but de la Fed est d’avoir un niveau d’emploi maximal qui soit compatible avec une inflation stable autour de 2%.

Dans les années qui ont suivi la crise financière de 2007-2009, la Fed a été confrontée à deux chocs externes, liés, en 2011, à la peur de voir la zone euro éclater, et aux perturbations financières qui ont touché la Chine en 2015 et 2016. Ce dernier événement en particulier a poussé la Fed à repousser les hausses de taux qu’elle avait prévues.

Il est possible que la banque centrale américaine soit à nouveau aux prises avec ce genre de situation actuellement, en raison du risque d’un Brexit dur, d’un environnement commercial tendu et d’un ralentissement de la croissance chinoise.

“Trois des derniers communiqués du Fomc (comité de politique monétaire) ont mis en avant les préoccupations liées à l’évolution du contexte économique et financier international”, a noté Clarida. “En présence de ces risques et avec des pressions inflationnistes limitées, nous pouvons nous permettre d’être patients”.

Howard Schneider, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below